Comment dénaturer le harcèlement à l’école….

En réalisant un clip qui montre un élève harcelé dans la salle de classe, pendant un cours, alors que la prof écrit au tableau (très mal…). Non pas que cette situation soit impossible, là n’est pas mon propos, mais si l’ensemble des syndicats enseignants s’insurgent, … ça n’est peut-être pas par corporatisme aveugle.
Au-delà de la stigmatisation de l’enseignante, qui ne voit pas la boulette de papier et la règle collées sur le visage de l’élève (ah, mais c’est une “image”, suis-je bête) et qui  participe au harcèlement de l’élève en faisant remarquer qu’il est “absent”, on peut se poser la question des lieux les plus propices pour le harcèlement : en classe, vraiment?

Pour Benoit Galand et al.le harcèlement entre élèves se déploie typiquement dans la cour de récréation, à la cantine, dans les couloirs, aux abords de l’école, surtout si la surveillance des adultes y est faible“(1). Par contre les comportements violents peuvent être réduits si les pratiques enseignantes s’orientent vers plus de relationnel et de bienveillance : “Si la réduction du harcèlement ne peut reposer sur les seuls enseignants, [les résultats de recherches] suggèrent que ces derniers disposent néanmoins de plusieurs pistes pour construire avec leurs élèves, à travers leurs pratiques de classe, un contexte relationnel offrant la sécurité nécessaire aux apprentissages“.

Donc oui, les enseignants ont un rôle important à jouer pour améliorer le climat scolaire et prévenir le harcèlement (tout comme les parents qui se trouvent si souvent démunis) et non, montrer le harcèlement dans une salle de classe ne suffit pas à faire comprendre et/ou à dénoncer l’ampleur du problème.

On trouve sur la toile des vidéos intéressantes (parce que décrivant toutes les facettes du harcèlement, en classe , dans la cour, via les SMS, etc.), à peine plus longues que le clip de la campagne officielle et réalisées par des élèves, comme par exemple celle-ci (2mn) qui  démarre un peu comme celle de la campagne, mais le harcèlement ne s’arrête pas à la porte de la classe, pour se finir mal (cf. “L’enfer… il est dans ma classe“, documentaire diffusé sur France 3, en 2014).

La plupart des vidéos ou documentaires montrent la multiplicité des lieux ouverts -ou fermés- dans lesquels se déroulent des faits de harcèlement.
NB :  les travaux de recherches parlent bien  de harcèlement ou de faits de violences dans la classe, mais il s’agit de l’entité classe, en tant que groupe, et non pas de l’espace-classe (mais cette lecture n’engage que moi).

(1) Galand Benoît, Hospel Virginie, Baudoin Noémie (2012).  “L’influence du contexte de la classe sur le harcèlement entre élèves “. In Galand B., Carra C., Verhoeven M. (dir.), Prévenir les violences à l’école, Paris, Presses Universitaires de France , «Apprendre», p. 123-136. URL : www.cairn.info/prevenir-les-violences-a-l-ecole–9782130589617-page-123.htm.

 

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