Argumentum ad nauseam

Dans un travail de veille sur les travaux de recherche en éducation, il est rare d’avoir besoin de parcourir la presse généraliste, qu’elle soit quotidienne ou hebdomadaire, sauf “pour sentir le vent”, attraper au passage un article de tel ou tel responsable institutionnel ou tel ou tel chercheur (désolée pour ce “masculin qui l’emporte” et qui allège l’écriture).

De plus, ce type de lecture met vite la rate au court-bouillon, parce qu’il faut le dire, les articles traitant de l’éducation dans certains magazines  sont  à pleurer. Vitupérant contre l’état de l’école, larmoyant sur le bon vieux temps, vilipendant untel ou untel, les journalistes ont beau jeu de relater des faits souvent  non vérifiés, de rapporter des propos erronés ou sortis de leur contexte. La coupe a fini de se remplir avec le compte-rendu d’un livre écrit par une journaliste (“qui a beaucoup enquêté”) avec, tel un dazibao, les photographies de supposés assassins de l’école.

On peut critiquer l’état de “l’éducation”, on peut s’interroger sur les effets du collège unique, on peut regretter de ne pas avoir su mieux faire quant aux difficultés de lecture ou en mathématiques, mais on n’est pas obligés de se tromper dans l’argumentation étayant des propos très critiques. Goigoux en chantre de la méthode globale… on pourrait en rire si ça n’était pas si affligeant. Parmi les autres brocardés, des personnes qui se sont préoccupés des élèves en difficulté, de l’éducation prioritaire. Quel gâchis!

Et si on mettait autant d’énergie à déconstruire qu’à construire sur le long terme?… nous ne passerions pas le filtre de la nécessaire controverse qui fait du buzz.

 

 

 

 

 

 

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