Décodons un peu… comment conforter une mauvaise opinion en prenant les plus mauvais résultats

À l’occasion de la sortie de son ouvrage Rebâtir l’école. Plaidoyer pour la liberté scolaire, J.-B. Noé explique ses choix et propositions pour l’école, sur le site « Contrepoints : le nivellement par le haut ».

On y lit :
Quand 30% des jeunes de 18 ans ne savent pas lire correctement un programme de télévision, où est le respect du droit à l’éducation ?
Selon les résultats des tests passés lors de la journée défense et citoyenneté (JDC 2015), les jeunes en grande difficulté ou qui malgré un niveau lexical correct ne parviennent pas à traiter des écrits complexes (les programmes de télévision en font-ils partie ?), et qui sont classés en trois catégories : difficultés sévères, très faibles capacité de lecture, lecteurs médiocres, représentent 19,3% des 770 000 jeunes ayant passé les tests.
Par contre, en Guadeloupe, Martinique et à la Réunion, ce taux atteint bien les 30%. On peut même ne prendre que les résultats de la Guyane (48%) ou de Mayotte (75%) pour s’alarmer de telles difficultés de lecture.
Notons pour mémoire que les médias ne reprennent que les 10% jugés « lecteurs inefficaces » (2 premières catégories ci-dessus) (exemple du Figaro).
La question n’est pas de minimiser la situation, – qui s’est aggravée entre 2014 et 2015, essentiellement par un accroissement du nombre de lecteurs médiocres (et une baisse des lecteurs efficaces) de l’ordre de 0, 6% -, mais de préciser des données sans doute mal maitrisées. (DEPP, 2016).

Admettons en partie cette autre  affirmation  :
Quand plus de 60% des bacheliers échouent en licence, parce qu’ils ont été mal préparés au lycée, où est véritablement le respect du droit à l’éducation ?
Les données du ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche confirment ces données, puisque 27,2% des étudiants inscrits en première année de licence à la rentrée 2011 obtiennent une licence en trois ans auquel il convient d’ajouter les 12% qui l’obtiennent avec une année d’études supplémentaires. Ce faible taux s’explique par un abandon précoce, en première année de licence (33% des inscrits) ou après deux ans d’études (13%). (MENESR, 2016). Une fois passer ce cap, les étudiants parvenus en troisième année de licence réussissent majoritairement (de l’ordre de 78 à 80%) que ce soit en licence générale ou licence professionnelle.
Par contre, parmi les élèves « mal préparés au lycée », ayant deux ans de retard, seuls 48% d’entre eux poursuivent des études dans l’enseignement supérieur (ce taux étant de 43% pour les titulaires d’un bac pro).
Ça n’est pas pour rien que la question se pose de ce douloureux passage de Bac-3 à Bac+3.  la scolarité, les composantes socio-économiques familiales, un défaut d’information en matière d’orientation, bref, la barque est bien chargée et les dockers l’ayant chargée sont multiples.

Le propos général de l’article de JB Noé n’est pas de faire du déclinisme du genre “c’était mieux avant”, puisque que JB Noé explique que finalement même Jules Ferry et les ministres suivants ont échoué puisque seuls 11,43% d’une classe d’âge obtenait le baccalauréat… en 1960. “L’école de Jules Ferry s’avéra incapable d’éduquer le peuple“. Quand on dit que les réformes scolaires doivent se faire sur le temps long…
Mais pourquoi JB Noé en veut-il autant à Jules Ferry?
Parce qu’il a instauré le monopole scolaire.
Telle est la morale de son histoire.

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