Un article paru dans la rubrique “Actualités de la recherche” du n°541 des Cahiers Pédagogiques.

Les querelles de méthodes pédagogiques ne relèvent pas seulement des polémiques qui font la joie des magazines de société. Jusqu’au sein de la communauté scientifique, il n’est pas rare de lire des controverses sur la pertinence de l’approche « constructiviste » ou de la « démarche d’investigation » par rapport à celle de « l’instruction directe » ou des méthodes « explicites ». Mais l’utilisation de ces catégories ou de ces étiquettes génère trop d’approximations inutiles pour servir vraiment la science et contribuer à l’étayage des pratiques éducatives.

Dans le langage éducatif de sens commun, la notion de « méthode » est couramment utilisée. Et au sein des communautés éducatives, on aime aussi se réclamer d’étiquettes censées recouvrir à la fois une démarche et des gestes ou scenarios professionnels jugés intéressants. On peut ainsi évoquer « les classes sans notes », l’approche « par compétences », la « démarche d’investigation », l’enseignement « par projets », la « classe inversée », etc. On comprend l’intérêt de résumer des façons de voir et de faire qui peuvent soutenir des pratiques de transformation pédagogique ou permettre des échanges autour de ces pratiques. Ce recours pratique à certains termes et étiquettes mérite cependant d’être considéré avec précautions .

Lorsqu’on transforme en effet un mot ou une expression en concept, on le transforme implicitement en théorie. Une théorie est censée rendre compte de résultats de recherche suffisamment nombreux, bien articulés entre eux, robustes et systématiques, pour permettre la montée en généralité ou la modélisation. Dans bien des cas, nous ne disposons pas de résultats de cette nature, mais seulement de pistes de travail, d’hypothèses et d’expériences pratiques qui semblent judicieuses1. C’est déjà beaucoup, certainement suffisant pour expérimenter et innover, mais pas forcément pour vendre un paquet théorique global, au risque de fabriquer une sorte de « boite noire » qui fait plus de mal qu’elle n’aide à enseigner et à apprendre. L’une des caractéristiques de ces étiquettes qui circulent si facilement, c’est en effet de n’être accompagnées que de peu de documentation précise ni de précautions d’utilisation contextualisées : il conviendrait de disposer de tout un mode d’emploi précisant à quelles conditions et dans quel écosystème éducatif le dispositif est pertinent : quels apprentissages ? quel niveau d’enseignement ? quels élèves ? Etc.

Prévenir l’effet « boîte noire », c’est donc d’abord savoir faire la part entre ce qu’on pourra appeler des concepts pragmatiques et des concepts scientifiques. Read the rest of this entry »

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Le 40° colloque de l’AFAE (association française des acteurs de l’éducation)  se déroulera à Lyon en mars 2017 sur le thème “politiques de l’éducation : des idéologies au pragmatisme ?”.

Ayant été sollicité pour participer au conseil scientifique de ce colloque, il m’a été demandé un petit texte sur les relations entre politiques éducatives et résultats de la recherche.

Plus de renseignements ici : http://www.afae.fr/40e-colloque-national/

Télécharger le document (PDF, 407KB)

http://http://www.afae.fr/wp-content/uploads/2017/11/Quand-les-politiques-%C3%A9ducatives-appellent-la-recherche-%C3%A0-la-rescousse_O.Rey_.pdf

Il y a de plus en plus de vidéos sur You Tube qui ont à voir avec l’éducation, qu’il s’agisse de chaines thématiques dédiées à des contenus scientifiques (comme l’excellent Point G, …avec un G comme géographie) ou de chaines dédiées à l’enseignement d’une matière (comme la chaîne d’Yvan Monka dédiée aux mathématiques).  On voit également arriver des contenus plus reliés aux questions réflexives sur l’éducation, comme ici une vidéo sur un séminaire international à l’IFE concernant la vidéo formation ou comme la chaine “EduKey” d’un jeune passionné des questions éducatives.

Une chaîne consacrée à l’esprit critique, habituellement plutôt dans le domaine des sciences dures, m’a demandé de venir parler des “sciences de l’éducation” à Nancy le 13 septembre 2017. Plus d’une heure de direct avec des questions parfois difficiles à traiter pour un public de non spécialistes : c’était intéressant mais parfois pas évident ! Un exercice néanmoins stimulant qu’on peut consulter sur la chaîne de la Tronche en Biais.

Sinon, dans un tout autre registre, un collègue du SGEN-CFDT est venu me poser quelques questions à Lyon pour préparer un colloque qui aura lieu en novembre prochain sur le thème de l’autonomie et de la gouvernance du premier degré. Il en a fait une vidéo disponible sur Facebook.

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La DGESCO et l’ESENESR ont organisé en janvier 2017 un séminaire sur l’évaluation des acquis des élèves.

Il m’avait été demandé d’introduire des exemples européens Dans un premier temps, j’ai en fait surtout présenté des exemples rapides de dispositifs dans d’autres pays pour souligner la nature contingente des formes d’évaluation que nous considérons comme essentielles. Dans un deuxième temps j’ai repris des éléments des débats sur l’évaluation qu’on trouve dans la littérature scientifique internationale pour éclairer les enjeux opérationnels que l’on rencontre en France.

La vidéo de l’intervention ainsi que celle des autres intervenants (Anne Burban, Viviane Bouysse Yves Reuter, Brigitte Hazard, Carole Sève et Frédéric Tolon) peuvent être visionnées sur le site de l’ESEN : http://www.esen.education.fr/fr/ressources-par-theme/evaluation/evaluation-des-acquis-des-eleves

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L’Association française des acteurs de l’éducation (AFAE) a publié en juin 2017 un numéro de sa revue (Administration & Éducation) sur les Écoles supérieurs du professorat et de l’éducation (ESPE). Il contient un article que j’ai écrit, ainsi introduit :

La pluralité des disciplines, courants et savoirs en éducation qui semblent devoir être mobilisés pour la formation a quelque chose de décourageant. Pourtant, celle-ci n’est pas forcément condamnée à la fragmentation et à l’absence de cohérence. Il faut pour cela accepter de chercher les voies et moyens d’une culture générale des savoirs de référence en éducation, basée sur l’articulation étroite avec la pratique pédagogique, plutôt que de poursuivre la quête vaine d’une science appliquée à l’éducation. (Rey, Olivier. « Comment organiser des savoirs de référence pour la formation des enseignants ? », Administration & Éducation, vol. 154, no. 2, 2017, pp. 19-24 ).

La revue est disponible sur Cairn : https://www.cairn.info/revue-administration-et-education-2017-2.htm

 

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