L’Association française des acteurs de l’éducation (AFAE) a publié en juin 2017 un numéro de sa revue (Administration & Éducation) sur les Écoles supérieurs du professorat et de l’éducation (ESPE). Il contient un article que j’ai écrit, ainsi introduit :

La pluralité des disciplines, courants et savoirs en éducation qui semblent devoir être mobilisés pour la formation a quelque chose de décourageant. Pourtant, celle-ci n’est pas forcément condamnée à la fragmentation et à l’absence de cohérence. Il faut pour cela accepter de chercher les voies et moyens d’une culture générale des savoirs de référence en éducation, basée sur l’articulation étroite avec la pratique pédagogique, plutôt que de poursuivre la quête vaine d’une science appliquée à l’éducation. (Rey, Olivier. « Comment organiser des savoirs de référence pour la formation des enseignants ? », Administration & Éducation, vol. 154, no. 2, 2017, pp. 19-24 ).

La revue est disponible sur Cairn : https://www.cairn.info/revue-administration-et-education-2017-2.htm

 

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Au moment de trier les documents, de ranger les dossiers et de faire le point des travaux en cours, que reste-t-il d’une année professionnelle ?

Il y a évidemment les publications traditionnelles (articles, contributions d’ouvrages, rapports…) qui figurent généralement sur ce site.  En parallèle, il y a toute une série de réalisations hybrides, qui prennent des formes de littérature grise ou de contributions encore plus hybrides, à l’image des supports de présentation orale.

Conférence sur l’évaluation dans l’académie de Reims.

On se rend  alors compte qu’il a fallu brasser beaucoup de sujets, pour répondre aux sollicitations diverses, allant du CARDIE d’une académie jusqu’à la direction ministérielle de l’enseignement scolaire, en passant par un regroupement de formateurs, une association de parents d’élève, une réunion d’inspecteurs dans un Rectorat, un séminaire  international de recherche ou une formation à l’ESENESR. On a donc parlé de l’articulation entre recherches et pratiques, de l’évaluation des élèves, des compétences (plus rarement), du travail personnel de l’élève, des apprentissages efficaces, du changement en éducation, des relations entre politique et éducation… Dans ces moments là, je me déplace parfois en mon nom personnel (parce que j’ai plus spécifiquement travaillé une thématique), parfois comme représentant de mon équipe, voire de la direction de l’IFÉ, et il faut alors réaliser des synthèses qui satisfassent le plus grand nombre sans trop sacrifier la rigueur scientifique.

Cela s’est traduit par des déplacements aux quatre coins de la France, voire au delà (au Danemark et en Italie), à intervenir dans des conférences, des séminaires, des formations, pour parler parfois de son travail, plus souvent de celui des autres, et toujours pour essayer de faire des ponts entre les recherches que l’on connait et les pratiques qu’elles pourraient améliorer. A chaque fois il s’agit de mobiliser les travaux de chercheurs repérés dans la littérature internationale, ceux de ses collègues proches (l’équipe Veille & Analyses, mais aussi le Centre Alain Savary par exemple), pour des restitutions utiles aux publics qui nous ont sollicités.

Avec Jean-Marie De Ketele et le jury de la conférence de consensus sur la différenciation pédagogique.

A côté de ces interventions, il y a des écrits un peu décalés, comme cette série sur John Hattie et Visible Learning publiée sur Eduveille qui m’a passionnée mais qui s’est révélée de plus en plus complexe à boucler au fur et à mesure que je l’écrivais ! Il y a eu aussi des contributions hybrides réalisées pour le compte de l’IFÉ, pour nourrir certaines parties des rapports qui ont été publiés cette année concernant la recherche en éducation : rapport Taddei, rapport ATHENA, rapport CNIRE…  Il y a eu encore le travail de préparation et d’animation de la conférence de consensus organisée avec le CNESCO sur la différenciation pédagogique.

Il y a eu également l’enquête sur les pratiques interdisciplinaires dans plusieurs collèges menée pour le projet européen CrossCut sous la conduite de ma collègue Catherine Reverdy. Une enquête qui m’a donné l’occasion d’une immersion dans des collèges dans la banlieue Lyonnaise, dans le Puy de Dôme et à Niort. L’occasion de constater une nouvelle fois sur le terrain la diversité des contextes éducatifs et des pratiques enseignantes, bien loin des travers généralisants spontanément adoptés dans le débat public.

Préparation de l’observation d’une séance interdisciplinaire en collège

On se rend compte dans ces moments de fin d’année qu’on devrait toujours laisser plus de traces écrites pour capitaliser tous ces travaux, qui ont parfois apporté quelque chose d’intéressant mais dont on perd la mémoire sous l’effet de successions des tâches et des projets. Et déjà, l’agenda de la prochaine année universitaire se remplit à grande vitesse…

La dimension internationale est devenue un facteur de légitimation particulièrement puissant dans le domaine de la politique éducative comme dans celui de la recherche en éducation. Plus besoin d’argumenter sur les objectifs éducatifs qu’on poursuit et les moyens mis en oeuvre pour les atteindre : l’appel à “ce qui marche ailleurs” est souvent utilisé pour clore un débat qui a été à peine esquissé. De même, plus besoin de démontrer la solidité de son raisonnement ou de son enquête : la publication dans quelque revue de langue anglaise agit comme un approximation suffisante de la qualité scientifique.

Pourtant, si l’on ne s’arrête pas à cet argument d’autorité intellectuellement peu satisfaisant, on peut faire de la comparaison internationale un levier beaucoup plus intéressant de réflexion et de dé-naturalisation de l’éducation. C’est ce que nous avons essayé de montrer dans les échanges constitutifs de ce troisième ouvrage de la collection des Entretiens Ferdinand Buisson, nourris par les témoignages de Xavier Pons, Marianne Woollven, Valérie Lincot et Caroline Brottet-Aiello.

A quoi sert la comparaison internationale en éducation ? Entretiens Ferdinand Buisson, ENS Éditions, 2017.

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Dans le cadre d’un projet “100 propositions de la recherche pour la présidentielle 2017“, Slate m’a demandé une contribution que j’ai choisi de consacrer à la question de la formation continue des enseignants.

Dans le contexte français, il ne me semblait pas raisonnable de bouleverser la formation initiale à court terme, quoi qu’on puisse penser de ce qui se fait dans les ESPE. Trop de parties prenantes sont opposées sur le fond à ce qu’on mette en place une vraie formation initiale en alternance, ce qui impliquerait de largement réduire la dimension disciplinaire du concours de recrutement et de le déplacer au sein du parcours Master. En outre, le vivier de formateurs, quel que soit leur statut, est aujourd’hui insuffisant pour assurer une formation professionnelle initiale radicalement différente.

En regard, la formation continue, qu’on appelle en général “développement professionnel” est un levier relativement efficace de changement éducatif, ce que souligne de façon récurrente la littérature scientifique francophone et internationale. L’entrée en formation, en particulier quand elle choisie, est un moment propice pour s’inscrire dans un mouvement d’évolution de ses pratiques. La formation prend plus de sens quand elle répond à un enjeu professionnel qu’on a expérimenté soi-même. Quand elle permet un cadre collectif d’échanges, cette formation sécurise le changement en permettant une réflexivité qui s’appuie sur ce que font les autres ou sur des défis communs : il est plus facile de chercher des solutions à un problème que tout le monde rencontre. Tout cela milite évidemment pour un développement professionnel à l’initiative du terrain et qui prenne, autant que possible, des formes plus innovantes que la juxtaposition de conférences magistrales d’expert.

Proposer une formation continue qui parte des établissements ou des réseaux d’écoles et dans une forme de dialogue collectif au sein de la communauté éducative, c’est une façon de souligner combien on doit déplacer le curseur d’une formation descendante, du ministère vers les enseignants,  à une formation définie plus en relation avec les acteurs de terrain. C’est aussi une façon d’imaginer un fonctionnement systémique qui ne laisse pas la formation otage des inflexions des politiques ministérielles, relayées par les rectorats : les stop and go des politiques publiques dans ce domaine, méconnu du grand public, sont ravageurs !

Bien évidemment, il faudrait imaginer des formes plus subtiles d’articulation avec les formations existantes, en particulier dans les académies, et surtout donner une place centrale aux “passeurs” que sont les différents formateurs et formateurs de formateurs. Dans le cadre de ce court article, ces nuances étaient compliquées à développer.

De même, l’un des intérêts de cette proposition réside dans l’idée de trouver des formes d’intéressement direct pour les équipes de recherche en éducation. Les écoles, collèges et lycées sont loin de pouvoir représenter une manne considérable de formation continue ou de commanditaires à même de financer les chercheurs. L’enjeu n’est pas tant de constituer un vrai marché de la formation continue pour la recherche en éducation, que de favoriser une structuration un peu plus pérenne du dialogue entre la communauté des praticiens et la recherche universitaire. Read the rest of this entry »

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Le secrétaire d’État à l’enseignement supérieur et la recherche, Thierry Mandon, a lancé en 2016 un plan spécifique de soutien aux sciences humaines et sociales. Au sein de ce plan, il nous a été demandé de produire un petit rapport sur les transformation des universités françaises, pour témoigner de que la recherche peut apporter comme éclairage aux politiques publiques dans ce secteur. Avec Annie Feyfant, j’ai donc écrit dans un temps relativement court, ce rapport qui vise essentiellement à mettre en lumière quelques éléments majeurs, en résumant notamment des pistes identifiées dans nos propres travaux précédents de synthèse (en particulier ceux menés par Laure Endrizzi au sein de l’IFÉ).

La publication de ce rapport a été l’occasion d’une interview dans EducPros, plus centrée sur la question des standards internationaux que nos regroupements d’universités seraient censés avoir comme objectifs.

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