Contributions diverses

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Patrick Picard a été le responsable du Centre Alain Savary (CAS) de l’IFÉ ces dernières années. Son travail au CAS, les productions qu’il a initiées et les innombrables formations qu’il a tenues en France pendant tout ce temps en ont fait une figure incontournable pour tous ceux qui s’intéressent à l’éducation prioritaire, à la formation de formateurs ou plus généralement aux questions de développement professionnel des enseignants et de difficultés d’apprentissage des élèves.

Ce n’est pas exagéré de dire que l’évolution de la politique de l’éducation prioritaire de la re-fondation ou le dispositif “plus de maîtres que de classes” n’auraient pas été les mêmes sans sa contribution.

Il quitte L’IFÉ cet été pour partir à la retraite, bien que ceux qui l’ont connu l’imaginent mal à la retraite : nombreux sont ceux qui l’imaginent bientôt dans d’autres formes d’activités pour l’éducation !

Quand au Centre Alain Savary, il est devenu un centre de ressources de référence tant pour le nombre de témoignages, d’expérimentations, de vidéos et de ressources mises à disposition que pour les réflexions et analyses développées dans certains dossiers sur la formation, le soutien aux apprentissages, le pilotage en éducation, etc.

Patrick adore se cacher derrière les collectifs mais il me paraissait inconcevable, dans ce moment particulier, de passer sous silence le fait que c’est encore lui qui a tenu à réaliser une vidéo sur le changement en éducation concernant un dossier de la veille qui lui tenait à coeur. C’est lui qui est derrière la caméra et qui m’offre une occasion de revenir sur ces questions que j’avais pris un grand plaisir à traiter, en écho à ma (lointaine) formation d’étudiant en sociologie et science politique : http://centre-alain-savary.ens-lyon.fr/CAS/nouvelles-professionnalites/pilotes/olivier-rey-le-changement-cest-comment

Merci Patrick, en espérant que l’aventure continue, quel que soit le chemin !

 

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Il y a de plus en plus de vidéos sur You Tube qui ont à voir avec l’éducation, qu’il s’agisse de chaines thématiques dédiées à des contenus scientifiques (comme l’excellent Point G, …avec un G comme géographie) ou de chaines dédiées à l’enseignement d’une matière (comme la chaîne d’Yvan Monka dédiée aux mathématiques).  On voit également arriver des contenus plus reliés aux questions réflexives sur l’éducation, comme ici une vidéo sur un séminaire international à l’IFE concernant la vidéo formation ou comme la chaine “EduKey” d’un jeune passionné des questions éducatives.

Une chaîne consacrée à l’esprit critique, habituellement plutôt dans le domaine des sciences dures, m’a demandé de venir parler des “sciences de l’éducation” à Nancy le 13 septembre 2017. Plus d’une heure de direct avec des questions parfois difficiles à traiter pour un public de non spécialistes : c’était intéressant mais parfois pas évident ! Un exercice néanmoins stimulant qu’on peut consulter sur la chaîne de la Tronche en Biais.

Sinon, dans un tout autre registre, un collègue du SGEN-CFDT est venu me poser quelques questions à Lyon pour préparer un colloque qui aura lieu en novembre prochain sur le thème de l’autonomie et de la gouvernance du premier degré. Il en a fait une vidéo disponible sur Facebook.

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Au moment de trier les documents, de ranger les dossiers et de faire le point des travaux en cours, que reste-t-il d’une année professionnelle ?

Il y a évidemment les publications traditionnelles (articles, contributions d’ouvrages, rapports…) qui figurent généralement sur ce site.  En parallèle, il y a toute une série de réalisations hybrides, qui prennent des formes de littérature grise ou de contributions encore plus hybrides, à l’image des supports de présentation orale.

Conférence sur l’évaluation dans l’académie de Reims.

On se rend  alors compte qu’il a fallu brasser beaucoup de sujets, pour répondre aux sollicitations diverses, allant du CARDIE d’une académie jusqu’à la direction ministérielle de l’enseignement scolaire, en passant par un regroupement de formateurs, une association de parents d’élève, une réunion d’inspecteurs dans un Rectorat, un séminaire  international de recherche ou une formation à l’ESENESR. On a donc parlé de l’articulation entre recherches et pratiques, de l’évaluation des élèves, des compétences (plus rarement), du travail personnel de l’élève, des apprentissages efficaces, du changement en éducation, des relations entre politique et éducation… Dans ces moments là, je me déplace parfois en mon nom personnel (parce que j’ai plus spécifiquement travaillé une thématique), parfois comme représentant de mon équipe, voire de la direction de l’IFÉ, et il faut alors réaliser des synthèses qui satisfassent le plus grand nombre sans trop sacrifier la rigueur scientifique.

Cela s’est traduit par des déplacements aux quatre coins de la France, voire au delà (au Danemark et en Italie), à intervenir dans des conférences, des séminaires, des formations, pour parler parfois de son travail, plus souvent de celui des autres, et toujours pour essayer de faire des ponts entre les recherches que l’on connait et les pratiques qu’elles pourraient améliorer. A chaque fois il s’agit de mobiliser les travaux de chercheurs repérés dans la littérature internationale, ceux de ses collègues proches (l’équipe Veille & Analyses, mais aussi le Centre Alain Savary par exemple), pour des restitutions utiles aux publics qui nous ont sollicités.

Avec Jean-Marie De Ketele et le jury de la conférence de consensus sur la différenciation pédagogique.

A côté de ces interventions, il y a des écrits un peu décalés, comme cette série sur John Hattie et Visible Learning publiée sur Eduveille qui m’a passionnée mais qui s’est révélée de plus en plus complexe à boucler au fur et à mesure que je l’écrivais ! Il y a eu aussi des contributions hybrides réalisées pour le compte de l’IFÉ, pour nourrir certaines parties des rapports qui ont été publiés cette année concernant la recherche en éducation : rapport Taddei, rapport ATHENA, rapport CNIRE…  Il y a eu encore le travail de préparation et d’animation de la conférence de consensus organisée avec le CNESCO sur la différenciation pédagogique.

Il y a eu également l’enquête sur les pratiques interdisciplinaires dans plusieurs collèges menée pour le projet européen CrossCut sous la conduite de ma collègue Catherine Reverdy. Une enquête qui m’a donné l’occasion d’une immersion dans des collèges dans la banlieue Lyonnaise, dans le Puy de Dôme et à Niort. L’occasion de constater une nouvelle fois sur le terrain la diversité des contextes éducatifs et des pratiques enseignantes, bien loin des travers généralisants spontanément adoptés dans le débat public.

Préparation de l’observation d’une séance interdisciplinaire en collège

On se rend compte dans ces moments de fin d’année qu’on devrait toujours laisser plus de traces écrites pour capitaliser tous ces travaux, qui ont parfois apporté quelque chose d’intéressant mais dont on perd la mémoire sous l’effet de successions des tâches et des projets. Et déjà, l’agenda de la prochaine année universitaire se remplit à grande vitesse…

Une interview donnée à La Lettre de l’Éducation

https://www.lalettredeleducation.fr/Olivier-Rey-Chaque-etablissement.html  

 « Chaque établissement devrait pouvoir construire son propre plan de formation »

Au concept habituel de « formation continue », en usage notamment dans l’éducation nationale, vous voudriez substituer celui de « développement professionnel »… 
La formation continue classique est souvent perçue comme prescriptive et normative, imposée par l’institution, par exemple pour accompagner la mise en place d’une réforme. Ou alors, c’est affaire individuelle de l’enseignant, un détour temporaire pour s’adapter à un changement ou rechercher une progression de carrière. Parler de « développement professionnel » revient à dire que cette formation devrait être plus étroitement reliée aux enjeux quotidiens du métier. C’est aussi une façon de considérer que la mise à jour et la progression de l’expertise font partie des compétences normales que l’on peut attendre de tout professionnel de l’éducation. Le glissement de sens est là : le développement professionnel porte sur le cœur du métier, et non sur la gestion ponctuelle d’une adaptation. C’est aussi l’idée que la formation la plus pertinente prend naissance dans la discussion collective, par rapport à des situations vécues. Certains chercheurs ont déjà souligné l’intérêt de s’appuyer sur la dimension formative des situations concrètes rencontrées dans les établissements. C’est pourquoi, comme d’autres, je défends le concept de l’« établissement formateur », en proposant que chaque établissement, chaque école ou chaque réseau dispose d’une enveloppe financière pour construire au plus près son propre plan de formation en fonction des besoins exprimés par les personnels.

Mais qui, dans ce cadre, serait formateur, alors que le vivier n’est déjà pas à la hauteur des besoins ? 
Rappelons d’abord que si l’on manque de formateurs, c’est le résultat du « stop and go » des politiques de recrutement. La suppression de dizaines de milliers de postes jusqu’en 2012 a eu pour conséquence que la formation continue ne pouvait plus être une priorité puisque, au niveau tant national que local, l’heure était à la recherche de moyens pour pallier les urgences. Par ailleurs, si le vivier actuel n’est pas suffisant, nous disposons quand même d’un cadre institutionnel, notamment avec la mise en place en 2015 du Caffa (certificat d’aptitude aux fonctions de formateur académique) équivalent dans le second degré de ce qu’est le Cafipemf (certificat d’aptitude aux fonctions d’instituteur ou de professeur des écoles maître formateur) dans le premier degré. Il faudrait aussi que les universités et leurs chercheurs s’engagent un peu plus dans ce chantier. Partout dans le monde, les grandes universités ont de forts départements d’éducation.

Une telle formule ne serait-elle pas interprétée comme une forme supplémentaire d’autonomie des établissements, portant atteinte à l’unité de l’école ? 
Ce n’est pas là-dessus que se joue la question de l’égalité dans le système scolaire. Garantir l’égalité de l’offre scolaire ne réside pas dans la centralisation ou l’uniformité des fonctionnements car cette unité formelle favorise plutôt les classes sociales qui sont déjà les plus à l’aise dans le contact avec l’école. Au contraire, permettre aux enseignants de maîtriser, par exemple, la différenciation pédagogique au service des élèves en difficulté, c’est un moyen d’aller vers plus d’égalité. Promouvoir une formation continue plus ancrée dans les établissements n’est d’ailleurs pas une idée neuve. Elle a déjà été exprimée dans les rapports des inspections générales en 2010 et en 2013. C’est une idée qui permet de donner du sens à l’autonomie pédagogique, que personne ne remet en cause, et cela sans porter atteinte à la liberté pédagogique des enseignants. Celle-ci ne signifie pas que chaque enseignant se débrouille tout seul dans sa classe mais qu’il soit doté des moyens de faire face aux situations qu’il rencontre. Dans un contexte professionnel, une formation ne « prend » réellement que si les uns et les autres peuvent se voir agir, si un enseignant observe que telle ou telle façon de faire donne des résultats dans une situation comparable à la sienne. Pour cela, il faut sortir du paradigme de la seule formation individuelle : il faut des échanges, de l’observation, du collectif…

Le secrétaire d’État à l’enseignement supérieur et la recherche, Thierry Mandon, a lancé en 2016 un plan spécifique de soutien aux sciences humaines et sociales. Au sein de ce plan, il nous a été demandé de produire un petit rapport sur les transformation des universités françaises, pour témoigner de que la recherche peut apporter comme éclairage aux politiques publiques dans ce secteur. Avec Annie Feyfant, j’ai donc écrit dans un temps relativement court, ce rapport qui vise essentiellement à mettre en lumière quelques éléments majeurs, en résumant notamment des pistes identifiées dans nos propres travaux précédents de synthèse (en particulier ceux menés par Laure Endrizzi au sein de l’IFÉ).

La publication de ce rapport a été l’occasion d’une interview dans EducPros, plus centrée sur la question des standards internationaux que nos regroupements d’universités seraient censés avoir comme objectifs.

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