Publications

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L’autonomie des établissements scolaires est principalement considérée comme un enjeux de répartition des compétences entre le niveau Étatique et le niveau local. Il génère à ce titre des avis souvent tranchés, qui empruntent au lexique politique et administratif plus souvent qu’au lexique pédagogique ou éducatif. Parfois, l’autonomie des établissements, comme forme achevée de la décentralisation, est présentée, espérée ou crainte comme une façon de contourner des blocages professionnels ou bureaucratiques liés au pilotage national de l’éducation.

Les Entretiens Ferdinand Buisson que nous avions consacrés à cette problématique se sont plutôt intéressés à la vie des établissements et de leurs acteurs, en premier lieu les enseignants, en s’efforçant d’approfondir des situations concrètes qui introduisent au coeur de la thématique des évolutions que peuvent nourrir l’autonomie des écoles.

On trouvera ainsi dans cet ouvrage aussi bien une analyse des conséquences de l’autonomisation des procédures de choix des établissements en communauté française de Belgique que la restitution de l’exploration collective de leurs marges de manoeuvre par l’équipe d’un collège de l’agglomération lyonnaise, aussi bien un résumé des grands axes de la littérature scientifique sur cette question qu’une réflexion sur le vécu de leur autonomie par des responsables d’établissements en Suisse.

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Un article paru dans la rubrique “Actualités de la recherche” du n°541 des Cahiers Pédagogiques.

Les querelles de méthodes pédagogiques ne relèvent pas seulement des polémiques qui font la joie des magazines de société. Jusqu’au sein de la communauté scientifique, il n’est pas rare de lire des controverses sur la pertinence de l’approche « constructiviste » ou de la « démarche d’investigation » par rapport à celle de « l’instruction directe » ou des méthodes « explicites ». Mais l’utilisation de ces catégories ou de ces étiquettes génère trop d’approximations inutiles pour servir vraiment la science et contribuer à l’étayage des pratiques éducatives.

Dans le langage éducatif de sens commun, la notion de « méthode » est couramment utilisée. Et au sein des communautés éducatives, on aime aussi se réclamer d’étiquettes censées recouvrir à la fois une démarche et des gestes ou scenarios professionnels jugés intéressants. On peut ainsi évoquer « les classes sans notes », l’approche « par compétences », la « démarche d’investigation », l’enseignement « par projets », la « classe inversée », etc. On comprend l’intérêt de résumer des façons de voir et de faire qui peuvent soutenir des pratiques de transformation pédagogique ou permettre des échanges autour de ces pratiques. Ce recours pratique à certains termes et étiquettes mérite cependant d’être considéré avec précautions .

Lorsqu’on transforme en effet un mot ou une expression en concept, on le transforme implicitement en théorie. Une théorie est censée rendre compte de résultats de recherche suffisamment nombreux, bien articulés entre eux, robustes et systématiques, pour permettre la montée en généralité ou la modélisation. Dans bien des cas, nous ne disposons pas de résultats de cette nature, mais seulement de pistes de travail, d’hypothèses et d’expériences pratiques qui semblent judicieuses1. C’est déjà beaucoup, certainement suffisant pour expérimenter et innover, mais pas forcément pour vendre un paquet théorique global, au risque de fabriquer une sorte de « boite noire » qui fait plus de mal qu’elle n’aide à enseigner et à apprendre. L’une des caractéristiques de ces étiquettes qui circulent si facilement, c’est en effet de n’être accompagnées que de peu de documentation précise ni de précautions d’utilisation contextualisées : il conviendrait de disposer de tout un mode d’emploi précisant à quelles conditions et dans quel écosystème éducatif le dispositif est pertinent : quels apprentissages ? quel niveau d’enseignement ? quels élèves ? Etc.

Prévenir l’effet « boîte noire », c’est donc d’abord savoir faire la part entre ce qu’on pourra appeler des concepts pragmatiques et des concepts scientifiques. Read the rest of this entry »

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Le 40° colloque de l’AFAE (association française des acteurs de l’éducation)  se déroulera à Lyon en mars 2017 sur le thème “politiques de l’éducation : des idéologies au pragmatisme ?”.

Ayant été sollicité pour participer au conseil scientifique de ce colloque, il m’a été demandé un petit texte sur les relations entre politiques éducatives et résultats de la recherche.

Plus de renseignements ici : http://www.afae.fr/40e-colloque-national/

Télécharger le document (PDF, 407KB)

http://http://www.afae.fr/wp-content/uploads/2017/11/Quand-les-politiques-%C3%A9ducatives-appellent-la-recherche-%C3%A0-la-rescousse_O.Rey_.pdf

L’Association française des acteurs de l’éducation (AFAE) a publié en juin 2017 un numéro de sa revue (Administration & Éducation) sur les Écoles supérieurs du professorat et de l’éducation (ESPE). Il contient un article que j’ai écrit, ainsi introduit :

La pluralité des disciplines, courants et savoirs en éducation qui semblent devoir être mobilisés pour la formation a quelque chose de décourageant. Pourtant, celle-ci n’est pas forcément condamnée à la fragmentation et à l’absence de cohérence. Il faut pour cela accepter de chercher les voies et moyens d’une culture générale des savoirs de référence en éducation, basée sur l’articulation étroite avec la pratique pédagogique, plutôt que de poursuivre la quête vaine d’une science appliquée à l’éducation. (Rey, Olivier. « Comment organiser des savoirs de référence pour la formation des enseignants ? », Administration & Éducation, vol. 154, no. 2, 2017, pp. 19-24 ).

La revue est disponible sur Cairn : https://www.cairn.info/revue-administration-et-education-2017-2.htm

 

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La dimension internationale est devenue un facteur de légitimation particulièrement puissant dans le domaine de la politique éducative comme dans celui de la recherche en éducation. Plus besoin d’argumenter sur les objectifs éducatifs qu’on poursuit et les moyens mis en oeuvre pour les atteindre : l’appel à “ce qui marche ailleurs” est souvent utilisé pour clore un débat qui a été à peine esquissé. De même, plus besoin de démontrer la solidité de son raisonnement ou de son enquête : la publication dans quelque revue de langue anglaise agit comme un approximation suffisante de la qualité scientifique.

Pourtant, si l’on ne s’arrête pas à cet argument d’autorité intellectuellement peu satisfaisant, on peut faire de la comparaison internationale un levier beaucoup plus intéressant de réflexion et de dé-naturalisation de l’éducation. C’est ce que nous avons essayé de montrer dans les échanges constitutifs de ce troisième ouvrage de la collection des Entretiens Ferdinand Buisson, nourris par les témoignages de Xavier Pons, Marianne Woollven, Valérie Lincot et Caroline Brottet-Aiello.

A quoi sert la comparaison internationale en éducation ? Entretiens Ferdinand Buisson, ENS Éditions, 2017.

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