Deux jours dans l’académie de Bordeaux autour des compétences

Depuis la publication de plusieurs dossiers et articles sur les compétences dans l’éducation, on me propose régulièrement de participer à des travaux d’établissements sur cette thématique. Il faut parfois savoir refuser ces aimables invitations car, en devenant expert-ressource sur cette problématique, j’excède parfois les missions qui nous sont confiées dans le cadre de l’IFÉ, où mon équipe et moi-même nous devons de rester des généralistes capables de traiter plusieurs questions. Il faut bien arriver à sortir notre dizaine annuelle de dossiers de veille !

Ceci rappelé, il est parfois bon de vérifier que ce que nous écrivons n’est pas complètelement déconnecté de ce que vivent les acteurs du “terrain”. C’est ainsi par exemple que cet automne, j’ai eu le plaisir d’accueillir à l’IFÉ des collègues lyonnais pour une séance de travail du CARDIE de Lyon sur le travail par compétences (documents à consulter sur le site du CARDIE).

Plus récemment, les 27 et 28 janvier dernier, le collège Léo Drouyn de Vérac m’avait invité, ainsi que Bertrand Pajot (IGEN) à observer une série de séances de classe ( de la 6° à la 3°) puis à en discuter dans des ateliers mis en place pour l’occasion, qui réunissaient l’équipe éducative de l’établissement sous la coordination de son principal (F.O. Joyet).

Mes travaux antérieurs constituaient le prétexte à cette immersion dans le quotidien des élèves et des enseignants de cet établissement de l’académie de Bordeaux. Vérac était en effet l’une des études de cas que nous avions sélectionnées en 2012 pour le réseau européen KeyCoNet sur les compétences clés. Il se trouve également qu’ils avaient été récompensés un an plus tard par le prix de l’éducation décerné par Vincent Peillon à l’occasion des journées de l’innovation de la DGESCO en mars 2013, pour leurs actions regroupées sous le thème “compétences et estime de soi” !

J’ai évoqué le terme de “prétexte” pour ma venue, car je pense effectivement qu’il s’agissait surtout d’un aménagement dans les emplois du temps pour l’équipe éducative afin de commencer à faire le point sur ce qu’ils avaient mis en place et sur la façon de poursuivre ce qu’ils qualifient de moins en moins “d’expérimentation”.

J’ai en effet pu constaté à travers des séquences de SVT, de géographie, de mathématiques, de français et d’aide personnalisée, qu’il s’agissait désormais d’ajuster, d’améliorer ou d’approfondir des pratiques pédagogiques pertinentes qui sont devenues en grande partie des routines du collège, ce qui est le mieux qui puisse leur arriver ! Travail en groupe, développement de tâches complexes, expression personnelle, évaluation par contrat de confiance, etc. sont devenus autant de pratiques récurrentes auxquelles les élèves comme les enseignants sont désormais rompus.

Je ne me sens pas capable pour l’instant de restituer toute la richesse des interactions pédagogiques observées et des discussions très stimulantes que nous avons pu avoir lors des séances de debriefings. Il suffit néanmoins de mentionner que durant ces deux jours, le principe était que les enseignants volontaires pouvaient assister avec nous, au fond de la classe, au cours de leurs collègues. On est loin de la classe comme boîte noire inaccessible à tout regard extérieur !  Les heures passées dans le collège se sont donc avérées très rafraichissantes (et pas seulement à cause des trombes de pluie en Gironde…). Ce type de confrontation permet en effet d’éprouver de façon bénéfique la pertinence ou au contraire l’inadéquation des concepts et des résultats de recherche que nous manipulons de façon parfois désincarnée. Voir des élèves de troisième passionnés par la correction de leur dictée (au point de regretter la sonnerie de l’intercours) ou d’autres manipuler des microscopes et des fichiers PDF comme s’ils faisaient ça depuis toujours, sont des moments qui aident incontestablement à étayer son argumentation.

Les deux jours se sont conclus par une conférence plus “classique” donnée devant une grosse centaine de collègues de l’académie, au lycée Max Linder de Libourne. Plusieurs autres établissements ont également assisté à ce qui devait être une visioconférence, mais des problèmes techniques de son ont visiblement altéré sérieusement l’écoute à distance. Le tchat mis en place pour assurer les questions/réponses à distance a donc surtout servi à regretter les problèmes de son !

On peut néanmoins consulter le diaporama qui m’avait servi de support à cette occasion, sur la page dédiée du CATICE (Rectorat de Bordeaux).

 

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