comparaison internationale

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La DGESCO et l’ESENESR ont organisé en janvier 2017 un séminaire sur l’évaluation des acquis des élèves.

Il m’avait été demandé d’introduire des exemples européens Dans un premier temps, j’ai en fait surtout présenté des exemples rapides de dispositifs dans d’autres pays pour souligner la nature contingente des formes d’évaluation que nous considérons comme essentielles. Dans un deuxième temps j’ai repris des éléments des débats sur l’évaluation qu’on trouve dans la littérature scientifique internationale pour éclairer les enjeux opérationnels que l’on rencontre en France.

La vidéo de l’intervention ainsi que celle des autres intervenants (Anne Burban, Viviane Bouysse Yves Reuter, Brigitte Hazard, Carole Sève et Frédéric Tolon) peuvent être visionnées sur le site de l’ESEN : http://www.esen.education.fr/fr/ressources-par-theme/evaluation/evaluation-des-acquis-des-eleves

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La dimension internationale est devenue un facteur de légitimation particulièrement puissant dans le domaine de la politique éducative comme dans celui de la recherche en éducation. Plus besoin d’argumenter sur les objectifs éducatifs qu’on poursuit et les moyens mis en oeuvre pour les atteindre : l’appel à “ce qui marche ailleurs” est souvent utilisé pour clore un débat qui a été à peine esquissé. De même, plus besoin de démontrer la solidité de son raisonnement ou de son enquête : la publication dans quelque revue de langue anglaise agit comme un approximation suffisante de la qualité scientifique.

Pourtant, si l’on ne s’arrête pas à cet argument d’autorité intellectuellement peu satisfaisant, on peut faire de la comparaison internationale un levier beaucoup plus intéressant de réflexion et de dé-naturalisation de l’éducation. C’est ce que nous avons essayé de montrer dans les échanges constitutifs de ce troisième ouvrage de la collection des Entretiens Ferdinand Buisson, nourris par les témoignages de Xavier Pons, Marianne Woollven, Valérie Lincot et Caroline Brottet-Aiello.

A quoi sert la comparaison internationale en éducation ? Entretiens Ferdinand Buisson, ENS Éditions, 2017.

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Dans une contribution à la revue de l’AFAE, Administration & Education, j’ai écrit un court article de présentation de PISA. En conclusion, je pose la question de savoir si PISA peut être regardée comme un instrument de Soft Power international :

La médiatisation du programme de l’OCDE dans de nombreux pays et les réformes provoquées ou légitimées par PISA ont conduit des observateurs à souligner la double nature des enquêtes PISA : d’un côté une production de connaissances utile pour penser l’éducation, de l’autre une entreprise normative, pas toujours explicite, aboutissant à mettre en valeur des « bonnes pratiques » dans une sorte de benchmarking éducatif entre États. Les organisations internationales comme l’OCDE mais aussi la Commission européenne ont un rôle croissant dans l’éducation depuis la fin des années 90. En faisant circuler des critères définissant par touches successives ce que pourrait être la qualité de l’éducation, en signalant des formes d’organisation scolaire plus efficaces que d’autres, en promouvant des contenus éducatifs jugés pertinents pour le 21esiècle, ces organisations façonneraient les représentations des décideurs publics dans le domaine de l’éducation. Elles orienteraient donc les réformes et les politiques de façon « douce » mais plus efficace que par la voie d’un pouvoir réglementaire ordinaire (Lawn and Grek, 2012 ; Barroso et Carvalho, 2008). Pourtant, on peut aussi constater que les mesures concrètes mise en place dans les différents pays au nom de PISA répondent tout autant, voire en priorité, à des préoccupations locales, plutôt que d’obéir à des normes supranationales.

De ce point de vue, en reprenant l’analyse de Hélène Buisson-Fenet (2014) concernant le cadre européen des langues, on peut avancer que « le processus en cours s’avère donc plus complexe qu’un simple transfert de bonne pratique : plutôt que l’adoption contrainte d’une norme supranationale, on assiste à une série de “traductions” de certaines composantes, dans une dynamique relevant davantage de l’innovation tâtonnante que d’une logique d’application directe. »

Rey Olivier, « PISA : une évaluation qui concerne à la fois les chercheurs et les politiques », Administration & Éducation, 2015/1 (N° 145), p. 11-15. URL : http://www.cairn.info/revue-administration-et-education-2015-1-page-11.htm

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