Recherche et éducation

You are currently browsing articles tagged Recherche et éducation.

Dans la suite d’un symposium de la conférence de l’Association européenne de recherche en éducation (ECER 2015, Budapest), des chercheurs membres du réseau 1 (“Continuing Professional Development“) ont préparé et publié un numéro spécial de la revue European Journal of Teacher Education sur le thème de la mobilisation des savoirs issus de la recherche pour l’enseignement et la formation des enseignants : “Mobilising research knowledge for teaching and teacher education”.

Ma collègue Marie Gaussel et moi-même y avons contribué en traçant un certain nombre de pistes à partir des revues de littérature que nous avons menées sur cette question et d’activités engagées par l’Institut français de l’Éducation dans le domaine de l’articulation entre la recherche et les pratiques éducatives :  “The conditions for the successful use of research results by teachers: reflections on some innovations in France” (http://dx.doi.org/10.1080/02619768.2016.1260117).

Abstract:

Although numerous claims are made about the necessity for research to improve teaching and learning practices, links between research and teaching are still tenuous. Therefore we argue that the issue of linking research to practice should be tackled in a different way than in the past. Research knowledge in education should consider teachers and school leaders prior to being disseminated, in order to be shaped according to the complexity of educational practice. We illustrate our theory with several experiences of the French Institute of Education, including the organisation of a range of consensus conferences to better link research results, practices and policy.

Ce travail se poursuivra dans le cadre d’un séminaire international que nous organisons à Lyon le 31 mars 2017, dans lequel interviendront des chercheurs de plusieurs pays (Angleterre,  Norvège, Espagne…) :

Tags: , ,

L’ESENESR (l’école de formation des cadres de l’éducation nationale et de l’enseignement supérieur) et le réseau des ESPE avaient organisé en décembre 2014 un séminaire sur la recherche en éducation, ses rapports avec la formation des enseignants et ses différentes configurations au niveau international.

Je viens de trouver la page dédiée dans laquelle sont proposées divers documents fort intéressants (vidéos, présentations, podcasts…).

Parmi ceux-ci figure la captation vidéo de l’intervention que j’avais faite lors d’une table ronde :  Regards sur la recherche en éducation en France.

J’y abordais un certain nombre de thèmes issus du dossier “Du laboratoire au terrain, comment la recherche en éducation fait ses preuves ?” et que je continue à explorer depuis, notamment dans une série d’articles ou de conférences :

 

 

Tags: ,

La revue du syndicat des enseignants romands (SER) en Suisse m’a demandé un article pour un dossier thématique publié en novembre 2012 sur les “best practices”.

J’en ai profité pour résumer quelques idées sur cette déclinaison spontanée de l’approche fonctionnaliste en éducation, qu’on retrouve souvent en matière de politiques publiques.

Une standardisation peu adaptée à l’éducation

 

La recherche n’est généralement pas très à l’aise avec le terme de “bonnes pratiques”, comme elle n’est pas très à l’aise dès qu’il s’agit de passer du monde enchanté de la description à celui de la prescription. Néanmoins, au delà d’une certaine frilosité explicable pour des raisons endogènes aux contextes universitaires, la question des bonnes pratiques soulève des interrogations de fond sur la nature des pratiques éducatives, dont on a trop souvent une vision étroitement technicienne.

Dans le monde francophone de l’éducation, l’idée de Best Practices a été généralement restituée sous le terme de “bonnes pratiques” (à partager, à diffuser, à rassembler…) plutôt que sous celui, plus précis, de “meilleures pratiques”. Ce glissement sémantique n’est déjà pas anodin. Il traduit la réticence culturelle de la plupart des pays francophones à légitimer un jugement et un classement de pratiques pédagogiques sur une échelle de valeurs.

En outre, on constate que l’invocation des bonnes pratiques se rencontre plutôt dans les discours et les domaines de politique publique éducative (organisations internationales, États et autorités régionales) mais rarement au sein des recherches en éducation.

Pourquoi cette réticence ? Read the rest of this entry »

Tags: ,

La CARDIE de Grenoble a organisé le 5 mars dernier, en lien avec l’ESPE et les universités, un séminaire académique sur le thème : « Quelle articulation entre recherche et terrain pour une école apprenante » ?.

Les actes de cette journée, écrits et vidéo, devraient être prochainement mis en ligne sur le site de la Cellule Académique en Recherche et Développement dans l’Innovation et l’Expérimentation.

Tout au long de la journée, de nombreux projets associant chercheurs des universités grenobloises et établissements de l’académie ont été présentés, permettant de découvrir la richesse des interactions dans cette académie mais aussi d’induire de nombreuses questions sur les relations entre la recherche académique et les pratiques éducatives.

J’ai pour ma part lancé quelques réflexions issues de mon dossier de janvier 2014 et d’observations plus récentes, basées par exemple sur l’expérience de l’organisation de la conférence de consensus CNESCO-IFÉ sur le redoublement et ses alternatives en janvier dernier.

 

Télécharger le document (PDF, 1.74MB)

 

 

Tags:

J’avais posé en 2006 la question “qu’est-ce qu’une bonne recherche en éducation ?“, en reprenant le titre d’un ouvrage d’une chercheuse australienne qui discutait le paradigme, alors essentiellement anglo-saxon, de l’evidence-based education.

Je reviens sur le thème huit ans plus tard en approfondissant notamment le sujet du statut des sciences de l’éducation et de leur apparent discrédit, en exhumant des réflexions déjà anciennes mais qui ne sont pas forcément bien connues et reconnues dans le milieu éducatif comme dans le milieu universitaire. Cela donne ce dossier basé sur un jeu de mot pas très subtil sur la polysémie du mot preuve (evidence en anglais) : “entre laboratoire et terrain : comment la recherche fait ses preuves en éducation“.

Entre-temps, j’ai en effet constaté que les sciences de l’éducation ne souffrent pas seulement de certaines faiblesses internes à la communauté des chercheurs en éducation, qui reste globalement peu ou mal structurée. Au delà de critiques qui pourraient être légitimes quand à la rigueur ou à la qualité des recherches menées, ce qui est frappant c’est la difficulté d’une certaine “noblesse” académique à comprendre que la recherche en éducation n’a pas grand sens si elle n’est pas immergée dans les pratiques et les politiques éducatives.

Au sein du monde universitaire, on est encore trop prisonnier de schémas de pensées comportant une stricte séparation entre la production de recherche fondamentale, pouvant être conçue quasiment en circuit fermé au sein d’une discipline de recherche, et la recherche “appliquée”, qui n’est pas grand chose de plus qu’une déclinaison alimentaire de la première. On voudrait ainsi qu’une “bonne” recherche “scientifique” en éducation se rapproche des sciences expérimentales et ne s’intéresse au terrain que lorsqu’il s’agit de mettre en oeuvre les résultats, dans un processus mécaniste où les différentes étapes sont bien distinguées. Certes, les praticiens sont impliqués, mais plus comme objets d’observation ou terrains de tests que comme sujets.

Que la recherche en éducation ne puisse être pleinement vivante, pertinente et productive que si elle est impliquée dans des actions éducatives au moment même de sa conception et de son déroulement n’est pas compris. Au mieux, on imagine d’associer les praticiens à la restitution des résultats auxquels ils ont contribué. Au pire, on se méfie des dérives d’une recherche militante qui confondrait postures idéologiques et postures scientifiques, et où tout un chacun s’auto-proclamerait “chercheur” sans régulation académique. Il est vrai que j’ai constaté dans le temps à l’INRP quelques dérives en la matière, mais les problèmes de rigueur scientifique les plus préoccupants, c’est parmi les enseignants-chercheurs que je les ai rencontrés !

C’est là où la doctrine de l’evidence-based education tend à donner le cadre théorique pour des approches espérant trouver dans des recherches – plus “scientifiques” que les sciences de l’éducation- un étayage plus systématique pour de meilleures pratiques éducatives.

La perspective est certes séduisante. Qui ne voudrait débloquer la “boîte noire” de la salle de classe pour trouver des méthodes d’apprentissage efficaces et sortir les enseignants des vieux paradigmes du charisme, de la vocation ou de la géniale improvisation ?

A lire néanmoins les divers travaux et études sur le sujet, en France comme dans la littérature de langue anglaise, j’ai bien peur que cette perspective qui se présente comme un raccourci ne soit en fait une impasse. Au risque de déconsidérer l’idée même d’appuyer les pratiques sur les recherches et de légitimer le seul recours aux “trucs et astuces” qu’on se refile entre professionnels, sans trop de précautions.

Dans une situation d’éducation, il y a trop de variables, d’affects, de valeurs et de parties prenantes pour qu’on arrive à résumer le problème en quelques techniques opératoires. J’ai bien peur que la seule position “efficace” à terme soit d’accepter la complexité et l’incertitude de la situation pour agir dedans avec humilité : identifier autant que possible ce qui se passe, produire le maximum d’intelligibilité pour expliquer ce qui se passe, et tester quelques préconisations à la lumière de ce qui précède en acceptant d’être contredit par des effets ou des variables inattendus.

Télécharger le document (PDF, 731KB)

Tags: ,

« Older entries