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Vade mecum à l'usage du candidat à l'inscription sur la liste de qualification des maîtres de conférences au CNU (65ème section, biologie cellulaire)

Sommaire

Introduction

Les membres des Commissions de Spécialistes et du CNU font souvent le constat que les dossiers des candidats Maîtres de Conférences (MCF) ne répondent pas aux normes de présentation correpondant à leurs voeux.

Il est vrai que c'est généralement la première fois que les candidats présentent un dossier de ce type, et qu'ils ne trouvent pas toujours les conseils dans leur environnement (post-docs à l'étranger par exemple). Une source possible d'imperfection est que les candidats Maîtres de Conférences ne savent pas bien en quoi consiste le travail d'un rapporteur : que cherche-t-il dans la notice du candidat ? Le rapporteur pour le CNU n'y cherche pas la même chose que le rapporteur d'une Commission de Spécialistes. Ainsi, le premier cherche à determiner si le candidat présente toutes les qualifications requises pour faire de la recherche en Biologie Cellulaire dans un sens très large. Le second réfléchit en fonction d'un profil plus ou moins précis pour un poste donné.

Il y a deux ans, un groupe animé par Gérard Lefranc (Montpellier II, alors Vice-Président de la section) a commencé à réfléchir aux messages à transmettre aux candidats pour les aider (conseils, bilans...). Le nouveau bureau 1999 a poursuivi sur la lancée et concrétisé le projet. Nous remercions l'Association Bernard-Gregory de nous avoir hébergés sur son site la première année et d'avoir diffusé l'information ; nous remercions en particulier René-Luc Bénichou d'avoir effectué la première mise en page, conservée pour l'essentiel sur ce serveur.

Nous espérons que chacun y trouvera son compte : les candidats parce qu'ils auront des réponses à certaines questions qu'ils se posent, les rapporteurs parce qu'ils devraient avoir des dossiers plus conformes à leur attente.

Une partie des conseils est certainement transposable à la rédaction de dossiers pour d'autres sections ; une autre partie découle de la pratique de la section 65 et lui est spécifique. Les conseils donnés aux candidats sur le site ANTARES du Ministère (voir ci-dessous) sont intéressants, mais ne correspondent pas tous à la pratique de notre section.

Le texte évoluera si un glissement des critères se manifeste au cours d'une session, et le bilan des dernières sessions sera mis à jour. Le contenu pourra aussi être amélioré en fonction des questions que vous pouvez poser en utilisant l'adresse electronique indiquée, et en fonction des commentaires des collègues de la section.

Bon courage.
 
Patrick Ravel-Chapuis
Université Lyon I
Membre du bureau de la 65ème section
Patrick.Ravel-Chapuis@ens-lyon.fr
Bernard Knibiehler
Université Toulouse III
Président de la 65ème section


Le parcours du CNU

Votre progression vers un poste de Maître de Conférences nécessite le parcours de trois étapes essentielles, avec trois dossiers à fournir. Ils seront examinés à ces trois niveaux avec trois regards différents. Dans l'idéal, ils devraient donc être adaptés à chaque niveau de lecture :
  • pour le bureau du CNU
  • pour la qualification au CNU
  • pour les Commissions de Spécialistes
Ce texte ne concerne que le parcours CNU (référence: "Journal Officiel" du 12/09/2000, Arrêté du 30/8/00).
1. POUR LE BUREAU DU CNU
La première étape consiste à faire acte de candidature auprès du Ministère de l'Education Nationale, de le Recherche et de la Technologie (MENRT, le "Ministère"). Ce premier dossier servira essentiellement au bureau du CNU pour vous attribuer deux rapporteurs.


1.1 Procédure ANTARES (application d'inscription du Ministère)

Présentation et bilan d'une première utilisation
Pour la première fois en 1999, le Ministère vous a proposé une inscription "electronique", à faire directement sur une application nommée ANTARES. C'est une procédure commode qui a beaucoup plu : dans notre section, près de 90% des candidats ont utilisé cette inscription électronique ; la moyenne est la même pour les autres sections des disciplines scientifiques.
Pour ceux qui n'ont pas utilisé cette procédure, c'est le personnel du Ministère qui a effectué la saisie des fiches Antarès d'après les documents papier envoyés par les candidats. Vous imaginez quelle a été la difficulté à reporter dans les cases le contenu des notices si elles n'étaient pas succinctes et parfaitement présentées.

Lorsque vous effectuez une candidature sur Antarès, il ne faut surtout pas envoyer par ailleurs une candidature "papier" pour "confirmation" ! Ceci est inutile, c'est une source de confusion, d'erreur, et de perte de temps (vérifications, doubles saisies…).

Pour la désignation des rapporteurs, nous ne disposions que des fiches ANTARES. Notre choix était d'autant plus rapide que les cases utiles étaient remplies au mieux. Malheureusement, certains dossiers étaient incomplets (pas de mention du lieu de soutenance de la thèse, ou de la date de soutenance, ou titre incomplet, ou stage post-doctoral imprécis - "CNRS" ! -, etc…). Heureusement, la rubrique "activité en matière de recherche" était souvent très bien remplie, selon les suggestions du vade-mecum : une suite de mots-clés cernant bien les thématiques, dans l'ordre chronologique de la thèse et des post-docs, sans les publications ni les congrès (cf ci-dessous): il est possible de caractériser plusieurs années de travaux en cinq lignes !
Nous avons demandé au Ministère d'accorder à cette case 3 ou 4 lignes supplémentaires, aux dépens des cases "enseignement" et "activités en matière d'administration" qui ne servent à rien pour désigner des rapporteurs (cases utiles pour les candidats rarissimes qui ne concourent pas "au titre du diplôme" - aucun en 65 depuis plusieurs années) ; mais cela n'a pas été fait pour cette nouvelle campagne. 
 

En pratique
Toutes les fois qu'il le peut, le bureau nomme au moins un rapporteur proche des domaines étudiés par le candidat au cours de sa thèse et de la période post-doctorale. Ne disposant QUE du document ANTARES, il faut qu'il soit le plus informatif possible. De plus, vu l'abondance des dossiers, il n'a que TRES peu de temps à consacrer à chacun, et doit donc pouvoir acquérir TRES rapidement l'information cherchée. 
Le bureau lira donc essentiellement trois rubriques :

  • Rubrique "description du diplôme" (en général le doctorat)
Nous avons besoin du titre de la thèse : il devrait figurer de manière complète. Si la place manque, omettez les mots inutiles (noms des espèces, nom complet de la molécule organique...). Si vous abrégez, il ne faut laisser subsister QUE ce qui est informatif. Indiquer que votre travail a été fait sur O. fuminata ne nous sert à rien : est-ce une bactérie, une crevette, ou un champignon ? Indiquer que vous avez testé sur des cellules du 4-[1-hydroxy-2-[-methylethyl)-amino]ethyl-1,2-benzenediol n'est pas utile à ce stade, "dérivé du benzène" suffirait. 

Le lieu de soutenance nous est indispensable. La réponse "salle 200, bâtiment G" n'est pas informatif. Ce qu'il nous faut, c'est le nom de l'Université dans laquelle le travail de thèse a été réalisé ; ceci pour éviter de vous affecter un rapporteur issu de l'université dans laquelle la thèse a été préparée et/ou soutenue ; pour Paris, préciser Paris 5, 6, 7 ou 11. 

La date de la thèse (est-elle ancienne ?) est très utile pour déterminer s'il nous faut également chercher une deuxième thématique .

  • Rubrique "stage post-doctoral" dans "Informations complémentaires"
Le Ministère n'accordait à ce renseignement qu'une valeur statistique à son usage. En fait, ces renseignements nous sont absolument nécessaires. Une réponse sèche du type "CNRS", ou "INSERM Uxxx" (nous n'avons pas les annuaires avec nous), ou "laboratoire LNBHGFT" (sigle évocateur pour les seuls membres de ce laboratoire), ne nous sont d'aucune utilité. Il nous faut savoir dans quelle ville se trouve le laboratoire du post-doc, dans quel établissement universitaire il est intégré ou proche.
Cette zone devrait être améliorée ; en particulier, s'il y a plusieurs pos-docs, il faudrait que vous ayez la place de les énumérer, avec leurs dates.
  • Rubrique "activité et publications en matière de recherche" 
C'est l'endroit où vous auriez dû avoir la possibilité d'informer le bureau de la nature de vos travaux post-doctoraux. Malheureusement, le Ministère ne vous autorise que 340 caractères, soit 5 ou 6  lignes, ce qui est exagérément faible. Les conseils que l'on peut vous donner pour contourner cet obstacle, tout en informant au mieux le bureau, sont les suivants :
    • ne faites pas de phrase, donnez une succession de mots-clés qui définiront de plus en plus précisément vos thématiques, et éventuellement une technologie représentative de vos travaux.
    • ceci pour la thèse, puis le post-doc 1 (PD1), puis le post-doc2, dans l'ordre chronologique... Pour les post-docs, indiquez en peu de mots le lieu et les dates.

    • Exemple :
      Thèse : biologie moléculaire végétale, ADN chloroplastique, origine de réplication.
      PD 1 (Lyon 90-92) : biologie du développement, souris, recepteur d'hormone thyroïdienne, double-hybride chez la levure.
    • s'il reste un peu de place, donnez le titre abrégé d'une ou deux publications significatives, sans les auteurs, ni les pages. Le nom des revues peut nous être utile pour cerner votre champ thématique. Ne citez surtout pas les communications aux colloques, congrès…
En cas de besoin, il est peut-être possible d'utiliser les cases "enseignement" et "administration" qui sont inutiles à ce stade, pour décrire des activités de recherche. 
Il est essentiel que vous indiquiez bien dans ce dossier la ou les thématiques de vos post-docs : en effet, si la thèse est ancienne et s'il y a eu des changements thématiques, le meilleur rapporteur, dans l'intérêt du candidat, est peut-être celui qui peut apprécier les travaux les plus récents.

Vous devez bien sûr accorder un maximum de soins à la rubrique "adresse à laquelle seront expédiées toutes les correspondances".


1.2 procédure "papier"

Si vous choisissez la formule "papier" en utilisant l'annexe A (donnée en fin du texte du Journal Officiel), modèle de déclaration de candidature, ne vous contentez pas de la photocopier et de remplir les trous des rubriques; recopiez-la. 
Remplssez les rubriques de manière claire, concise et lisible : nous vous rappelons que ces renseignements seront retranscrits par le personnel du Ministère sous forme de fiches Antarès,  personnes qui ne sont pas qualifiées pour résumer vos textes. En conséquence, si vous rédigez en 20 lignes là où il n'y a que 5 lignes sur la fiche Antarès, seules les 5 premières lignes de votre texte seront reportées dans la case !

Pour éviter ces problèmes, l'idéal serait donc que l'on tende vers 100 % de candidatures faites sur Antarès.

2. POUR LES RAPPORTEURS DU CNU
En décembre 2000, vous enverrez un dossier aux deux rapporteurs désignés par le bureau.

Ultérieurement, si vous êtes qualifié, vous pourrez vous porter candidat pour un poste de MCF. On vous demander  un dossier pour les rapporteurs de la Commission de Spécialistes.
 

2.1. Comment est examiné votre dossier
Le CNU en session plénière veut savoir :
  • y a-t-il adéquation à la section ?
  • y a-t-il un travail suffisant (volume, qualité...) pour pouvoir candidater sur un poste de MCF ?
2.1.1 Adéquation à la section

Elle se voit rapidement à travers le titre de la thèse, les domaines de recherche en thèse et post-doctorat, les techniques utilisées, en feuilletant les articles (examen en particulier des figures...). Lors de la session d'avril 1999, un quart des dossiers rejetés (74/282) l'a été sur ce critère. La 65ème section, dans la mesure où il y a d'autres sections en parfaite adéquation, a tendance à ne pas accepter des dossiers exclusivement physiologiques (physiologie animale ou végétale) ou neurophysiologiques (electrophysiologie, physiologie sur organismes ou organes, endocrinologie, neurones virtuels...), biochimiques, biophysiques, pharmacologiques, agronomiques... En revanche, si l'approche cellulaire ou moléculaire est significative, des dossiers pouvant relever d'autres sections sont bien sûr acceptés (endocrinologie moléculaire, recepteurs d'hormones par exemple) ; malgré l'intitulé restrictif de la section, nous prenons volontiers des dossiers très moléculaires, sans approche cellulaire (évolution moléculaire, bioinformatique...).

Rappelons que la qualification dans une section permet de se présenter sur des postes MCF ouvert sous le label d'autres sections.

2.1.2 Appréciation du travail
 

  • Il s'apprécie essentiellement à travers les publications.
On entend par "publication" un article de résultats, publié dans une revue à comité de lecture. Les mémoires de DEA, rapports de laboratoire, thèses, ne sont pas retenus. Sauf exception (bioinformatique par exemple), les articles de congrès, colloques ("Proceedings"...)... non plus. Les articles de "diffusion des connaissances" et les "reviews" viennent en plus, pour augmenter la qualité d'un dossier, mais pas en remplacement des articles de résultats ; on n'apprécie pas au même niveau un article dans "La Recherche", M/S, ou "Annual Review in...". Les brevets peuvent être comptabilisés comme "publication" sous certaines conditions (voir le paragraphe sur les publications).

Il n'y a pas de limite couperet sur le nombre. Notre base est : au minimum trois publications dont une au moins en premier auteur. Des dossiers sans publication en tête n'ont quasiment aucune chance d'être retenus. Deux publications peuvent exceptionnellement suffire si elles sont d'excellent niveau. La commission peut exiger plus de trois articles si le niveau des publications est faible, si le candidat est mal placé dans l'ordre des signatures. En résumé, la commission se fixe une base, mais chaque dossier est susceptible d'être évalué en s'en affranchissant.

Le niveau des publications est évalué à partir de la connaissance que les spécialistes du domaine ont des revues, ou à partir des facteurs d'impact (SCI Journal Citation Reports). Un article dans une revue de facteur inférieur à 1,5-2 est peu pris en considération ; mais ce paramètre est bien sûr modulé en fonction des secteurs de recherche, toutes les disciplines n'ayant pas accès à la même gamme d'impacts. Les articles dans des revues d'impact très faible (0,1, 0,2...), ou non indexées, ne sont pas pris en compte par les rapporteurs. Au fil des années, il y a de plus en plus de rapporteurs qui utilisent les JCR.

En 1999, 120 candidats (43 % des refusés) n'ont pas été qualifiés pour manque de publications, plus 65 (23 %) pour manque de publications et de mobilité.
 

  • Le travail s'apprécie aussi en fonction du temps passé à enseigner.
ATER et monitorat ont normalement des volumes standard ; il faut néanmoins indiquer clairement s'il s'agit d'un poste complet ou d'un demi-poste d'ATER. Pour les vacations, il est très important de donner clairement le volume horaire pour chaque année.

Un gros volume d'enseignement peut constituer un argument plaidant en faveur d'un dossier pour lequel on hésite ; le même dossier sans enseignement serait moins défendable.
 

  • Enfin, il s'apprécie en fonction des post-docs, du nombre d'années de recherche...
Ainsi, s'il y a de nombreuses années de recherche après la thèse, on attend plus de publications que le niveau de base (ratio nombre d'articles par année de recherche).

Attention aux périodes sans recherche : mieux vaut donner une explication que de vouloir dissimuler un tel trou par un rideau de fumée et des imprécisions qui indisposeront les rapporteurs.

Pour ce qui concerne la question des post-docs, voir plus loin.

2.2. Les rubriques du dossier
Selon les années, un rapporteur peut avoir 50 à 90 dossiers à analyser dans un délai relativement court ; il doit rédiger pour chaque dossier un rapport qui motive sa proposition. Par conséquent, faute de temps, un dossier est rarement lu in extenso. Cependant, ce n'est pas un prétexte pour négliger la présentation de votre dossier. Même si le rapporteur ne fait que le parcourir pour trouver les renseignements qu'il cherche, il est capable d'apprécier rapidement si la notice est rédigée avec soin ou négligence. Si un dossier est bien présenté, rédigé avec clarté, et que le rapporteur a bien apprécié cela, il ne manque pas de le dire et cela peut vous acquérir quelques voix précieuses. Si un dossier est très négligé, le rapporteur ne manque pas de signaler l'irritation ressentie à sa lecture, et cela peut vous coûter quelques voix qui feront pencher la balance du mauvais côté. Au cours des années passées, quelques dossiers potentiellement qualifiables ont été rejetés parce qu'ils étaient beaucoup trop incomplets ou négligés. En 1999, la 65ème section a clairement posé qu'un dossier outrancièrement bâclé pourrait être rejeté même s'il répond bien par ailleurs aux critères de qualification.
 
Deux règles essentielles
  • Ne pas donner au rapporteur le sentiment que vous vous moquez de lui et du CNU en lui fournissant un dossier fait de manière très négligée : vous ne le mettez pas dans les meilleures dispositions possibles à votre égard.

  •  
  • Ne pas perdre de vue qu'il aura certainement peu de temps pour lire chaque dossier. Donc tout ce qui lui facilitera sa tâche sera le bienvenu.

1. Adresses

Il doit y avoir un maximum d'adresses auxquelles on puisse contacter le candidat très rapidement (en particulier téléphone et e-mail).

Le rapporteur peut avoir besoin de contacter le candidat parce qu'il manque une ou des pages au dossier, une partie des pièces administratives (rapport de thèse, annexes...), parce qu'il trouve que le dossier est un peu succinct (rapports quasiment sans description des activités de recherche...), etc.

Les adresses doivent être fiables (le candidat doit y être joint facilement !), éviter de mettre l'adresse ou le téléphone de la grand-mère qui n'est pas au courant. Evitez de partir en vacances pendant la période cruciale.

Répondre très rapidement aux demandes car le rapporteur peut s'y être pris au dernier moment, ou va s'absenter quelques jours !

2. CV

  • "CV reprenant les informations de l'annexe"

  • Ne pas se contenter de photocopier le modèle en annexe A du JO et remplir les trous, même avec un agrandissement. Cela conduit généralement à un texte peu lisible, il manque de la place pour répondre complètement aux questions.
     
  • SVP, ne le rédigez pas dans le style antichronologique.

  • C'est à la mode de présenter un cursus en remontant le temps, du post-doc au DEUG ; il paraît que cela se fait sous l'influence des règles de présentation des CV dans le privé, qui ne s'intéresserait qu'à la dernière compétence du candidat. Au CNU, les rapporteurs présentent l'ensemble du cursus du candidat, très généralement dans l'ordre chronologique, et reportent les renseignements dans leur rapport dans ce sens. Il n'est pas commode de lire un texte de bas en haut, en tournant les pages à l'envers, et cela fait perdre du temps !
     
  • Veiller à la cohérence des dates et des noms.

  • On voit des dossiers avec des thèses soutenues à deux ou trois dates différentes, ou des directeurs de thèse qui changent selon les pages !
     
  • Ne pas chercher à masquer les trous dans votre cursus, cela se voit.

  • Des trous ou réorientations provisoires hors de la recherche n'ont rien de répréhensible. Il vaut mieux être clair sur une interruption que de donner l'impression de vouloir la dissimuler.
     
  • Bien faire apparaître la succession des labos, leur localisation, le nom des responsables.

  • Soyez clair sur la personne que vous désignez comme votre directeur de thèse : s'agit-il du post-doc qui vous a encadré, du chef d'équipe, du directeur d'unité, de l'institut ?
     
  • Inutile de mentionner le permis de conduire, les hobbies, les jobs d'été.

  • Cela n'a aucune influence sur le succès de votre candidature. Il est éventuellement interessant de savoir que le candidat a créé une association, anime une association... (signe d'altruisme, de capacité d'investissement "externe"...) pour un recrutement dans un labo, mais pas au niveau du CNU.
3. Liste des techniques possédées, des savoir-faire, compétences...

Utile pour cibler rapidement les qualifications techniques du candidat, pour aider à définir l'adéquation à la section.

Cependant, il est inutile de citer la connaissance du Word et des techniques les plus élémentaires comme l'extraction des plasmides, que beaucoup pratiquent maintenant dès la première année de DEUG !

4. Rapport d'activités de recherche

Il est indispensable. Ne pensez surtout pas qu'il vous suffit de mettre votre liste de publications parce que vous la jugez suffisante pour vous qualifier aisément, sans vous plier à l'exercice. Rappelons que l'article 4 du JO prévoit que « le candidat précisera ses activités en matière de recherche ».

Compte tenu de ce que le CNU cherche à évaluer pour décider de votre qualification (voir précédemment), il n'a pas besoin d'être très long. Vous aurez la possibilité de développer certaines parties lorsque vous rédigerez votre dossier pour une Commission de Spécialistes, par exemple pour l'adapter au profil du poste.

4 à 6 pages (dont figures) suffisent en général largement pour résumer plusieurs années de laboratoire (présentation de la thématique, résultats essentiels, projets). Eventuellement moins pour qui ne présente guère qu'un travail de thèse. Mais attention, l'expérience montre qu'un rapport d'une page est souvent insuffisant pour être pleinement informatif.

Votre rapport n'est pas un séminaire pointu de labo. Ne perdez jamais de vue que le ou les rapporteur(s) ne sont pas nécessairement de la spécialité du candidat ; c'est même peu fréquent. Vous devez être compris facilement et... rapidement (voir plus haut). Si vous faites l'effort d'être facilement compréhensible, le rapporteur vous en saura gré et sera déjà plus disposé à vous juger favorablement. S'il doit relire chaque paragraphe deux ou trois fois pour vous suivre, et s'accrocher avec peine pendant 10 ou 15 pages arides (il craquera avant!), cela aura l'effet inverse !

D'autant plus que puisque vous voulez devenir enseignant, vous devez dès ce stade montrer vos qualités de pédagogue, votre aptitude à être compréhensible pour qui en sait moins que vous sur votre sujet.

Pas d'abréviations non universellement connues de tout biologiste, attention au vocabulaire propre à votre seul sujet.

Là encore, pas d'antichronologie (rapport sur le post-doc 2, puis le post-doc 1, puis la thèse, puis le DEA...). Racontez plutôt votre histoire dans l'ordre chronologique.

Pas de longues parties sans paragraphes ou sans titres. Mettez des titres informatifs à vos différentes parties, chacun résumant le résultat essentiel. Mieux vaut titrer « La protéine A interagit avec la protéine B » que « Recherche d'une interaction entre les protéines A et B ».

Il faut tout faire pour permettre une lecture très rapide : résultats essentiels et conclusions en gras, ou encadrés, ou en retrait, ou en couleurs...

A la limite, des phrases directement utilisables pour un rapport sont une aubaine pour le rapporteur !

Les rapports de pré-soutenance de thèse sont parfois utiles, car ils peuvent être mieux rédigés que le rapport du candidat !

5. Publications

Ne surtout pas mélanger articles de résultats et articles dans "La Recherche" ou "Science et Vie", posters, articles d'ouvrages sans comité de lectures, abstracts de congrès, mémoires de DEA et thèses...

Les rapporteurs trient, et une liste impressionnante mélangeant tout ne fera pas illusion longtemps.

La première chose que cherche un rapporteur est la liste des articles de résultats dans des revues à comité de lecture : commencez votre liste de publications par cette catégorie d'articles.

Présentez ensuite les autres publications en distinguant :

  • articles dans des journaux sans comité de lecture
  • articles de revues ("reviews")
  • articles de diffusion des connaissances (La Recherche...)
  • articles des Comptes-Rendus de Congrès
Lorsque l'article est sous presse ou définitivement accepté, il est absolument nécessaire de joindre au dossier la lettre d'acceptation de l'éditeur ou les épreuves. L'article ne sera pris en considération qu'à cette condition.

Lorsque l'article est "accepté" avec révisions, envoyer la lettre de l'éditeur et les commentaires des referees. Les rapporteurs apprécieront par eux-mêmes si l'article est quasiment accepté ou non.

Les articles soumis ne sont pas comptabilisés. Inutile d'envoyer les manuscrits. Mais si un tel article est accepté après envoi du dossier aux rapporteurs, vous pouvez leur envoyer les renseignements. C'est même fortement recommandé aux candidats qui ont un dossier limite.

Ne pas envoyer les thèses (on ne les lira pas, et on ne les retournera pas, les universités ne veulent pas payer !), encore moins le rapport de DEA.

Les brevets peuvent être éventuellement pris en compte comme une publication de résultats (mais un dossier constitué exclusivement de brevets ne passera pas).
Pour cela, le rapporteur doit pouvoir apprécier si le brevet est national, européen, mondial..., si le candidat a beaucoup participé ou non au travail (on ne sait pas toujours si l'ordre des noms est significatif ou non, comme dans un article "classique").
Le rapporteur doit pouvoir juger si les résultats du brevet sont les mêmes ou sont différents de ceux publiés dans un article postérieur: il est donc utile que le candidat indique nettement si le brevet équivaut à une "publication" originale (résultats pas encore publiés dans un journal), ou s'ils ont été republiés dans un article. Le mieux est que le candidat joigne au dossier le texte du brevet. Donnez le numéro du brevet.

Les conférences ne sont pas essentielles. Le CNU ne qualifie pas en fonction de la fréquence de participation à des congrès. En revanche, une conférence donnée sur invitation dans un congrès est un "plus" pour vous.

6. Lettres de recommandation

Pour la recherche : elles sont toujours élogieuses ! Elles ne servent à rien au niveau du CNU. Les rapporteurs ne les citent pas, sauf exception rarissime si la lettre explicite un "accident" dans le CV, apporte un élément de jugement objectif.

Pour l'enseignement : elles sont aussi toujours élogieuses ! Elles sont utiles seulement lorsqu'elles attestent un volume d'enseignement.

7. Enseignement

Les informations sur l'enseignement sont utilisées essentiellement pour rattraper un dossier limite en publications.

Etre clair sur le volume s'il s'agit de vacations, sur la nature des enseignements : cours, TP, TD.

Il est bien qu'une lettre d'un responsable atteste du volume de votre enseignement.

Nous entendons par "enseignement" ce qui se fait devant des étudiants de premier ou de deuxième cycle. Les conférences de DEA ou les encadrements de stagiaires sont à mettre dans une autre rubrique.

8. Activités collectives

Pas utile à ce niveau. Un peu plus utile au niveau des Commissions de Spécialistes.

9. Divers

  • Lettre d'accompagnement

  • Le CNU ne procède pas à des analyses graphologiques : ne vous sentez pas obligé de faire votre lettre d'accompagnement manuscrite.
  • Relisez-vous

  • Ne laissez pas d'incohérences, sans oublier la sempiternelle recommandation : respectez l'othographe. Vérifiez bien que le dossier est complet avant l'envoi.
     
  • Bonne idée, spontanément adoptée par quelques candidats :

  • Présenter un récapitulatif sur une page, en plusieurs colonnes, du cursus, des publications, de l'enseignement, des techniques possédées...

    Dans ce sens, nous vous présentons la fiche type qui est utilisée par les rapporteurs sous forme de tableau de une à deux pages, pour faire la synthèse de votre dossier en session de qualification. Notre vœu serait que vous présentiez les chapitres de votre dossier dans le même ordre, faisant en sorte que les données que nous cherchons soient très faciles à trouver.
     
     
     

    Fiche de synthèse utilisée par les rapporteurs
    • Nom
    • Age
    • CV
      • Etudes universitaires ou cursus particuliers (ingénieurs...).
      • Du DEA à la thèse (date de soutenance, financements, service national, activité professionnelle...).
    • Fonction actuelle

    • (postdoc, ATER, activité professionnelle...)
    • Thèse
      • Directeur
      • Laboratoire
      • Titre (en entier)
      • Thèmes (décrire les thèmes de recherche)
    • Stages

    • (stages courts significatifs effectués avant ou pendant la thèse)
    • Postdocs
      • Lieux, financements
      • Thèmes
    • Publications
      • 1ère liste : articles de résultats, avec comité de lecture, sortis ou acceptés (avec lettre de l'éditeur ou épreuves).
      • 2ème liste : articles dans revues sans comité de lecture, revues ("reviews"), chapitres d'ouvrages...
      • 3ème liste : communications...
    • Enseignement

    • en 1er ou 2ème cycle : monitorat, ATER, vacations (volume).
    • Divers

    • (interventions en DEA, encadrements, responsabilités, prix...).
    • Avis

Deux questions importantes qui préoccupent les candidats

FAUT-IL AVOIR FAIT DE L'ENSEIGNEMENT POUR AVOIR DES CHANCES D'ÊTRE QUALIFIÉ ?
NON.

Les rapporteurs font toujours état de cet élément du dossier, mais ce n'est évidemment pas une condition sine qua non pour être qualifié. La 65ème section n'a jamais refusé une qualification sous le seul pretexte qu'il n'y a pas eu d'enseignement.

Un bon dossier de recherche qui ne fait pas état d'enseignement ne court pas le moindre risque. Un dossier sans publication qui fait état d'un gros volume d'enseignement ne passera pas pour autant. Comme cela a déjà été dit, le fait d'avoir fait de l'enseignement (en quantité non négligeable) peut aider un dossier sur lequel nous hésitons.

On peut dire que le fait d'avoir enseigné n'est utile QUE pour le candidat !

D'abord, il a pu apprendre à exposer un sujet devant une audience qui n'a pas sa formation, et cela lui sera utile pour présenter ses résultats devant une Commission de Spécialistes qui ne connaîtra pas sa spécialité.

Et puis, si après plusieurs années de monitorat et d'ATER l'étudiant présente sa candidature sur un poste de Maître de Conférences, on peut postuler qu'il n'a pas été rebuté par la tâche et que sa démarche correspond à une certaine attirance pour la fonction. C'est à peu près le seul renseignement qu'un rapporteur puisse tirer du dossier enseignement.

Car comment savoir, pour qui fait état d'enseignement :

  • s'il l'a fait par nécessité (avoir un revenu, obligation contractuelle des normaliens...) ou par "vocation" ?

  •  
  • s'il a été bon au niveau des préparations, du contact avec les étudiants, de l'aisance, du dynamisme ? Quelle foi accorder à une lettre de recommandation, quelle est la part de complaisance ?
Et pour qui n'a pas fait d'enseignement, est-ce :
  • parce qu'il n'y avait pas assez de postes de moniteurs ou d'ATER dans son université, même pour les meilleurs étudiants ?

  •  
  • parce que son directeur de thèse voyait cette "perte de temps" d'un mauvais oeil ?

  •  
  • parce qu'il n'avait aucune motivation ?
FAUT-IL AVOIR FAIT UN POST-DOC POUR ÊTRE QUALIFIÉ ?
Rien d'obligatoire, mais la tendance est au OUI !

En 1995, le critère essentiel de la qualification était le niveau du dossier de publications (hormis l'aspect adéquation à la section). Peu à peu, la question de la mobilité s'est de plus en plus posée. En 1998, la section 65 en a beaucoup débattu, mais le critère ne s'est pas totalement imposé. En 1999, du débat visant à établir les critères de qualification de notre section est sortie la décision d'accorder une grande importance à ce paramètre.

Il a été décidé que l'on attendait des candidats qu'ils aient fait preuve d'une certaine mobilité. Elle peut être géographique (changer de labo, en France ou à l'étranger), ou thématique (on peut rester dans le même labo à condition que le changement thématique soit bien réel).

Aucune durée minimum de mobilité entre la soutenance de la thèse et la candidature n'a été déterminée a priori. Mais nous évitons maintenant, sauf exception, de qualifier en sortie de thèse. Pour fixer les idées, il apparaît a posteriori que l'on ne qualifie pas si la thèse a moins de 4 à 6 mois ; la commission est plus indulgente si le candidat est déjà parti en post-doc, que si le candidat est toujours dans son labo de thèse.

En 1999, 23 dossiers (8% des refusés) n'ont pas été retenus sur le seul critère de l'absence de mobilité, 65 (23 %) sur les critères publications et mobilité.


Quelques chiffres


En 65ème section, nous qualifions environ 60% des dossiers recevables (1995 : 59 %, 1998 : 66 %, 1999 : 61 %). Les procédures 96 et 97 ne sont pas comparables.

     

    Récapitulatif avril 1999

    Récapitulatif janvier 2000
     724 dossiers analysés  807
     282 non qualifiés (39 %)  351 (43,5 %)
    Cause des refus :
         hors-section : 26 % 38 %
         publications : 43 % 29 %
         mobilité : 8 %  6,5 %
         mobilité + publications : 23 % 26,5 %


Dernière mise à jour : 19 septembre 2000
 

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