{"id":170,"date":"2012-09-09T14:31:05","date_gmt":"2012-09-09T13:31:05","guid":{"rendered":"http:\/\/perso.ens-lyon.fr\/yves-francois.le-lay\/?p=170"},"modified":"2021-07-25T15:36:08","modified_gmt":"2021-07-25T14:36:08","slug":"le-gros-caillou-de-la-croix-rousse-lyon","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/perso.ens-lyon.fr\/yves-francois.le-lay\/?p=170","title":{"rendered":"Le Gros Caillou de la Croix-Rousse (Lyon, France)"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">Introduite par M. Panizza en 2001 dans le <em>Chinese Science Bulletin<\/em>, la notion de \u00ab\u00a0g\u00e9omorphosite\u00a0\u00bb qualifie un g\u00e9osite de nature g\u00e9omorphologique, pourvu d\u2019une valeur esth\u00e9tique, socio-\u00e9conomique, culturelle ou scientifique (Reynard, 2005\u00a0; Reynard et Panizza, 2005\u00a0; Giusti et Calvet, 2010). Cette d\u00e9finition n\u2019inclut pas de contrainte dimensionnelle si bien qu\u2019un horn, un m\u00e9andre, une terrasse alluviale, une doline ou un lac sont susceptibles d\u2019\u00eatre distingu\u00e9s. Lyon dispose-t-il d\u2019une telle entit\u00e9\u00a0? Parmi d\u2019autres, le Gros Caillou de la Croix-Rousse semble candidat. De plus, sa spectralit\u00e9 pr\u00e9sent(ifi)e aujourd\u2019hui les grandes glaciations pl\u00e9istoc\u00e8nes et un \u00e9v\u00e9nement historique et rend visibles en les incarnant des id\u00e9es aussi abstraites que la puissance des technologies et des d\u00e9cideurs ou bien l\u2019identit\u00e9 des habitants d\u2019un quartier.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<h1>Un gros caillou peut en cacher un autre<\/h1>\n<p style=\"text-align: justify;\">En septembre 1861, \u00e0 la faveur d\u2019une tranch\u00e9e ouverte pour \u00e9tablir le plan inclin\u00e9 du funiculaire dit de la rue Terme\u00a0\u2013 vou\u00e9 \u00e0 relier le quartier des Terreaux au plateau de la Croix-Rousse\u00a0\u2013, un bloc erratique est d\u00e9couvert sur le bord m\u00e9ridional de ce dernier. D\u2019autres blocs avaient d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 observ\u00e9s, notamment sur la colline de Fourvi\u00e8re. Falsan et Chantre (1880) en ont dress\u00e9 une liste dans leur <em>Monographie g\u00e9ologique des anciens glaciers et du terrain erratique de la partie moyenne du bassin du Rh\u00f4ne<\/em>. Ils sont fr\u00e9quents dans le quartier de la Croix-Rousse\u00a0: \u00ab\u00a0dans toute cette partie \u00e9lev\u00e9e de la ville [Lyon], on constate la pr\u00e9sence du terrain glaciaire, et l\u2019on aper\u00e7oit le long des rues et des boulevards de nombreux blocs erratiques\u00a0\u00bb (p.\u00a0282).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais ce bloc pr\u00e9sente des dimensions respectables, prises par M. Dubois, ing\u00e9nieur charg\u00e9 de la construction du chemin de fer\u00a0: il est long de 4,35 m\u00e8tres, large de 2,90 m\u00e8tres et haut de 2,95 m\u00e8tres (soit plus de 35 m\u00e8tres cubes) (Falsan et Chantre, 1868). A 219 m\u00e8tres au-dessus du niveau de la mer et \u00e0 3,80 m\u00e8tres sous la \u00ab\u00a0terre v\u00e9g\u00e9tale\u00a0\u00bb, il repose dans un d\u00e9p\u00f4t de gravier et de sable, parmi d\u2019autres blocs de moindre volume. Aussi les scientifiques s\u2019interrogent-ils sur sa nature lithologique, son origine g\u00e9ographique, la date de son d\u00e9p\u00f4t et son mode de transport.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A l\u2019aide de 29 coupes de d\u00e9tails, Jourdan \u2013 doyen de la Facult\u00e9 des sciences de Lyon \u2013 a r\u00e9alis\u00e9 la coupe g\u00e9n\u00e9rale des terrains que les tranch\u00e9es du funiculaire urbain ont mis au jour en 1858-1862, sur le versant sud du promontoire de la Croix-Rousse, de la rue Saint Marcel \u00e0 la rue de Bellevue [1]. Haute de 7,50 m\u00e8tres, la 28<sup>e<\/sup> coupe de d\u00e9tails a \u00e9t\u00e9 relev\u00e9e au niveau du bloc erratique et pr\u00e9sentait les six couches suivantes, de haut en bas (Figure 1) : (i) terre v\u00e9g\u00e9tale, (ii) lehm rouge, (iii) gravier et argile rouge, (iv) lehm blanc (<em>Elephas intermedius<\/em>), (v) gravier blanc et blocs erratiques (bloc de plus de 35 m\u00e8tres cubes), et (vi) sable et gravier marins.<\/p>\n<div id=\"attachment_220\" style=\"width: 648px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"https:\/\/perso.ens-lyon.fr\/yves-francois.le-lay\/?attachment_id=220\" rel=\"attachment wp-att-220\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-220\" class=\"wp-image-220 size-full\" src=\"https:\/\/perso.ens-lyon.fr\/yves-francois.le-lay\/wp-content\/uploads\/2012\/09\/Coupe28.png\" alt=\"\" width=\"638\" height=\"519\" srcset=\"https:\/\/perso.ens-lyon.fr\/yves-francois.le-lay\/wp-content\/uploads\/2012\/09\/Coupe28.png 638w, https:\/\/perso.ens-lyon.fr\/yves-francois.le-lay\/wp-content\/uploads\/2012\/09\/Coupe28-300x244.png 300w, https:\/\/perso.ens-lyon.fr\/yves-francois.le-lay\/wp-content\/uploads\/2012\/09\/Coupe28-368x300.png 368w\" sizes=\"auto, (max-width: 638px) 100vw, 638px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-220\" class=\"wp-caption-text\">Figure 1 &#8211; Extrait de la coupe relev\u00e9e par C. Jourdan de 1858 \u00e0 1862 dans les tranch\u00e9es du chemin de fer de la Croix-Rousse (Fontannes, 1887, planche hors-texte n\u00b09)<\/p><\/div>\n<h1>Lyon, une ville hant\u00e9e par l&rsquo;eau et la glace ?<\/h1>\n<p style=\"text-align: justify;\">De quoi le monolithe est-il l\u2019indice ? Comment expliquer la pr\u00e9sence de ce \u00ab monstre \u00bb lithique si loin des affleurements auxquels il ressemble ? Le recours au d\u00e9luge a d\u2019abord prim\u00e9. Le site lyonnais se montre d\u2019ailleurs propice \u00e0 sa diffusion.<\/p>\n<blockquote>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Situ\u00e9 au confluent de deux grands fleuves, Lyon a toujours \u00e9t\u00e9 un des plus puissants boulevards des th\u00e9ories diluviennes. La vue des ravages occasionn\u00e9s par les d\u00e9bordements fr\u00e9quents de ces deux grands cours d\u2019eau devait produire en effet une impression terrible sur l\u2019esprit des habitants de cette riche cit\u00e9 et les porter naturellement \u00e0 exag\u00e9rer l\u2019intensit\u00e9 des ph\u00e9nom\u00e8nes diluviens. Les g\u00e9ologues lyonnais ne purent se soustraire \u00e0 cette influence, et lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019expliquer le transport des galets et des blocs erratiques qui les entouraient de toutes parts, ils s\u2019empress\u00e8rent d\u2019adopter les id\u00e9es de de Saussure et d\u2019Elie de Beaumont. Ils ne virent autour d\u2019eux que des traces d\u2019inondations beaucoup plus violentes que celles dont ils avaient \u00e9t\u00e9 les t\u00e9moins (Falsan et Chantre, 1880, p. 156).<\/p>\n<\/blockquote>\n<div id=\"attachment_1238\" style=\"width: 475px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"https:\/\/perso.ens-lyon.fr\/yves-francois.le-lay\/?attachment_id=1238\" rel=\"attachment wp-att-1238\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1238\" class=\"wp-image-1238\" src=\"https:\/\/perso.ens-lyon.fr\/yves-francois.le-lay\/wp-content\/uploads\/2012\/09\/Plaque2.jpg\" alt=\"\" width=\"465\" height=\"305\" srcset=\"https:\/\/perso.ens-lyon.fr\/yves-francois.le-lay\/wp-content\/uploads\/2012\/09\/Plaque2.jpg 697w, https:\/\/perso.ens-lyon.fr\/yves-francois.le-lay\/wp-content\/uploads\/2012\/09\/Plaque2-300x197.jpg 300w, https:\/\/perso.ens-lyon.fr\/yves-francois.le-lay\/wp-content\/uploads\/2012\/09\/Plaque2-458x300.jpg 458w\" sizes=\"auto, (max-width: 465px) 100vw, 465px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1238\" class=\"wp-caption-text\">Figure 2 &#8211; Plaque install\u00e9e dans les alluvions de la plaine d\u2019inondation du Rh\u00f4ne, au niveau de la station Debourg, sur la ligne B du m\u00e9tro (clich\u00e9s : Le Lay Y.-F., 2012)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Puis la doctrine glaciairiste se substitua \u00e0 la th\u00e9orie du diluvium alpin (Figures 2 et 3). Durant le Quaternaire, les glaciers ont transport\u00e9 et d\u00e9pos\u00e9 des \u00e9l\u00e9ments d\u00e9tritiques hors de la cha\u00eene alpine, sur le pi\u00e9mont. Un lobe glaciaire s\u2019\u00e9talait sur la r\u00e9gion lyonnaise o\u00f9 il a laiss\u00e9 le complexe des moraines externes (CME) dit de Fourvi\u00e8re \u2013 auquel le monolithe appartient \u2013 et le complexe des moraines internes (CMI) dit de Grenay-Lagnieu \u2013 o\u00f9 Mandier (1984) a, dans sa th\u00e8se, reconnu cinq stades. La datation de ces accumulations glaciaires a vari\u00e9. Dans sa <em>G\u00e9ologie lyonnaise<\/em>, Roman (1926) attribue les d\u00e9p\u00f4ts au Glaciaire Mind\u00e9lien. David (1967) estime que, dans la r\u00e9gion lyonnaise, le glacier w\u00fcrmien s\u2019est \u00e9tendu davantage que ceux du Mindel et du Riss. Le guide g\u00e9ologique r\u00e9gional que G. Demarcq (1973) a consacr\u00e9 au <em>Lyonnais<\/em> reprend cette conception\u00a0: l\u2019extension maximale est dat\u00e9e du W\u00fcrm III (environ -35\u00a0000 ans) dans la r\u00e9gion lyonnaise et la recherche d\u2019h\u00e9ritages plus anciens s\u2019y av\u00e8re al\u00e9atoire. Lors de son recul, pendant le stade de Fourvi\u00e8re, le front glaciaire semble s\u2019\u00eatre fix\u00e9 sur une s\u00e9rie de collines, dont celle de la Croix-Rousse, pour y laisser quelques cr\u00eates morainiques. Aujourd\u2019hui, suite aux travaux de Bourdier (1962), de Campy (1982) et de Mandier (1984), pr\u00e9vaut l\u2019interpr\u00e9tation selon laquelle le CME est extra-w\u00fcrmien et le CMI intra-w\u00fcrmien.<\/p>\n<div id=\"attachment_236\" style=\"width: 464px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"https:\/\/perso.ens-lyon.fr\/yves-francois.le-lay\/?attachment_id=236\" rel=\"attachment wp-att-236\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-236\" class=\"wp-image-236 size-full\" src=\"https:\/\/perso.ens-lyon.fr\/yves-francois.le-lay\/wp-content\/uploads\/2012\/09\/Plaque.jpg\" alt=\"\" width=\"454\" height=\"305\" srcset=\"https:\/\/perso.ens-lyon.fr\/yves-francois.le-lay\/wp-content\/uploads\/2012\/09\/Plaque.jpg 454w, https:\/\/perso.ens-lyon.fr\/yves-francois.le-lay\/wp-content\/uploads\/2012\/09\/Plaque-300x201.jpg 300w, https:\/\/perso.ens-lyon.fr\/yves-francois.le-lay\/wp-content\/uploads\/2012\/09\/Plaque-446x300.jpg 446w\" sizes=\"auto, (max-width: 454px) 100vw, 454px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-236\" class=\"wp-caption-text\">Figure 3 &#8211; Une plaque install\u00e9e sur le sol de la station de m\u00e9tro Debourg, sur la ligne B (clich\u00e9 : Y.-F. Le Lay, 2012)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si Falsan et Chantre (1879) ont d\u00e9crit un \u00ab glacier delphino-savoisien \u00bb issu de la coalescence du glacier de l\u2019Arve, du glacier d\u2019Annecy et de Beaufort, et du glacier de l\u2019Arc (Figure 4), Penck et Br\u00fcckner (1909) ont ensuite identifi\u00e9 un \u00ab glacier rhodanien \u00bb rassemblant les glaces du Rh\u00f4ne, de l\u2019Arve, de l\u2019Is\u00e8re et de l\u2019Arc. Du fait de l\u2019importance accord\u00e9e \u00e0 l\u2019hydrographie et aux mots, ce glissement lexical a abus\u00e9 nombre d\u2019observateurs qui ont grossi le r\u00f4le du glacier du Rh\u00f4ne. S. Coutterand, P. Schoeneich et G. Nicoud (2009) ont r\u00e9cemment soulign\u00e9 qu\u2019une telle hypoth\u00e8se implique une zone d\u2019ablation trop disproportionn\u00e9e par rapport \u00e0 la zone d\u2019accumulation. Au terme de travaux bas\u00e9s sur la reconstitution de la ligne d\u2019\u00e9quilibre glaciaire, sur des donn\u00e9es p\u00e9trographiques et sur l\u2019analyse de spectres des m\u00e9taux lourds pr\u00e9sents dans les d\u00e9p\u00f4ts glaciaires, les auteurs confirment que l\u2019appellation promue par Falsan et Chantre (1879) \u00e9tait ad\u00e9quate. Selon eux, \u00ab la totalit\u00e9 des glaces du lobe de pi\u00e9mont lyonnais provenait des zones d\u2019accumulation de la partie interne des Alpes du nord fran\u00e7aises (sens g\u00e9ographique) : sud du massif du Mont-Blanc, Beaufortin, Tarentaise et une partie de la Maurienne \u00bb (p. 21).<\/p>\n<div id=\"attachment_230\" style=\"width: 678px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"https:\/\/perso.ens-lyon.fr\/yves-francois.le-lay\/?attachment_id=230\" rel=\"attachment wp-att-230\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-230\" class=\"wp-image-230 size-full\" src=\"https:\/\/perso.ens-lyon.fr\/yves-francois.le-lay\/wp-content\/uploads\/2012\/09\/Falsan.jpg\" alt=\"\" width=\"668\" height=\"523\" srcset=\"https:\/\/perso.ens-lyon.fr\/yves-francois.le-lay\/wp-content\/uploads\/2012\/09\/Falsan.jpg 668w, https:\/\/perso.ens-lyon.fr\/yves-francois.le-lay\/wp-content\/uploads\/2012\/09\/Falsan-300x234.jpg 300w, https:\/\/perso.ens-lyon.fr\/yves-francois.le-lay\/wp-content\/uploads\/2012\/09\/Falsan-383x300.jpg 383w\" sizes=\"auto, (max-width: 668px) 100vw, 668px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-230\" class=\"wp-caption-text\">Figure 4 &#8211; Extrait de la carte d&rsquo;assemblage des anciens glaciers du Rh\u00f4ne, de l&rsquo;Arve, de l&rsquo;Is\u00e8re, du Drac et de leurs affluents au moment de leur plus grande extension (Falsan et Chantre, 1879-80)<\/p><\/div>\n<p style=\"margin: 0cm 0cm 0.0001pt; vertical-align: baseline; text-align: justify;\">En 1863, Jourdan a \u00e9galement d\u00e9crit l\u2019\u00e9norme bloc erratique dans les <em>Annales des sciences physiques et naturelles, d\u2019agriculture et d\u2019industrie <\/em>[2]. Il lui a reconnu une nature calcaire\u00a0: \u00ab\u00a0il se rapproche beaucoup du choin de Fay, ce calcaire d\u2019un gris rose qu\u2019on exploite souvent comme marbre et dont on trouve des blocs consid\u00e9rables le long de la berge droite du Rh\u00f4ne, partie montagneuse, surtout au-dessus de l\u2019Huis et de Serri\u00e8res-de-Briord\u00a0\u00bb (p.\u00a0XXXI). Selon Falsan et Chantre (1880), \u00ab\u00a0les calcaires blancs des cha\u00eenes secondaires ont fourni le contingent le plus consid\u00e9rable \u00e0 la masse des blocs erratiques\u00a0\u00bb (p.\u00a0339) rep\u00e9r\u00e9s sur le plateau de la Croix-Rousse. Beaucoup d\u2019entre eux ont \u00e9t\u00e9 exploit\u00e9s. Ils alimentaient des fours \u00e0 chaux. Bris\u00e9s, ils ont aussi \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9s pour l\u2019empierrement de routes. Le gros bloc d\u00e9couvert en 1861 lui-m\u00eame \u00ab\u00a0sert de fondation \u00e0 la cul\u00e9e d\u2019un pont\u00a0\u00bb (Falsan et Chantre, 1868, p.\u00a0371). Ce n\u2019est qu\u2019en 1879 que le Ministre de l\u2019instruction publique, suite aux demandes formul\u00e9es par les scientifiques, prend des mesures pour conserver les blocs restants (Cuvier, 1890).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Falsan et Chantre (1868) regrettent que la plupart des gros blocs apparents aient \u00e9t\u00e9 d\u00e9truits\u00a0: \u00ab\u00a0ces blocs \u00e9taient les jalons indicateurs de la limite du terrain erratique au milieu de nos vastes plaines et de nos collines\u00a0; ils \u00e9taient souvent pour le g\u00e9ologue les seuls indices apparents de toute une formation qui se d\u00e9robe presque toujours \u00e0 toute recherche superficielle\u00a0\u00bb (p.\u00a0371). Ainsi, le bloc erratique est l\u2019indice de la derni\u00e8re p\u00e9riode glaciaire globale du Pl\u00e9istoc\u00e8ne dans les Alpes. Mais il fait aussi planer le spectre d\u2019une nouvelle glaciation\u00a0: Cuvier (1890) pose la question\u00a0\u2013 \u00ab\u00a0la p\u00e9riode glaciaire pourrait-elle repara\u00eetre dans notre pays\u00a0?\u00a0\u00bb (p.\u00a036)\u00a0\u2013 et estime que cela n\u2019est pas impossible. Malgr\u00e9 la distance spatiale de l\u2019affleurement dont il est originaire et l\u2019anciennet\u00e9 de son transport et de son d\u00e9p\u00f4t, il pr\u00e9sentifie de mani\u00e8re fantomatique la cha\u00eene alpine et les anciens glaciers. Comme indice, il a une relation de contigu\u00eft\u00e9 contextuelle avec son r\u00e9f\u00e9rent. Il nous place dans la second\u00e9it\u00e9, c\u2019est-\u00e0-dire la cat\u00e9gorie de l\u2019exp\u00e9rience, de la lutte et du fait\u00a0\u2013 cette cat\u00e9gorie dans lequelle l\u2019\u00eatre est con\u00e7u de mani\u00e8re relative \u00e0 autre chose (Peirce, 1978). Lorsque les indices ont disparu, il faut recourir aux symboles (tierc\u00e9it\u00e9) de la vie intellectuelle pour rappeler l\u2019ancienne extension des glaciers, au moyen par exemple de plaques informatives (Photographies 8). En tant que symbole, le Gros Caillou t\u00e9moigne aussi de la domination de collectifs (extracteurs et scientifiques) \u00e0 l\u2019\u00e9gard de son environnement.<\/p>\n<h1>Pr\u00e9sent(ifi)er la puissance technique et l&rsquo;identit\u00e9 du quartier<\/h1>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tout autant que ses dimensions, le contexte sociotechnique de sa d\u00e9couverte a incit\u00e9 les g\u00e9ologues \u00e0 magnifier d\u2019embl\u00e9e ce bloc erratique (Jourdan, 1863\u00a0; Falsan et Chantre, 1868 et 1880). En effet, le bloc a \u00e9t\u00e9 d\u00e9terr\u00e9 \u00e0 la faveur des travaux entrepris pour am\u00e9nager la premi\u00e8re \u00ab\u00a0ficelle\u00a0\u00bb de Lyon, inaugur\u00e9e en juin 1862. Il s\u2019agit d\u2019un des tout premiers chemins de fer urbains \u00e0 traction funiculaire ouverts au transport de passagers au monde. L\u2019int\u00e9r\u00eat que le chantier a suscit\u00e9 est d\u2019envergure nationale. L\u2019empereur Napol\u00e9on III vient le visiter. Apr\u00e8s plusieurs essais et adaptations, cette ficelle de la Compagnie du chemin de fer de Lyon \u00e0 la Croix-Rousse est mise en service et conna\u00eet un succ\u00e8s consid\u00e9rable. L\u2019exploitation cesse le 31 d\u00e9cembre 1967 et la plateforme est convertie en voie routi\u00e8re. Il reste que le bloc symbolise une r\u00e9ussite \u00e0 caract\u00e8re prom\u00e9th\u00e9en. D\u00e9dale est alors lyonnais. Malgr\u00e9 la raideur de la pente et les pi\u00e8ges lithiques que le sous-sol a recel\u00e9s, les voyageurs s\u2019affranchissent\u00a0\u2013 pour quelques sous\u00a0\u2013 de la traction animale pour gagner le plateau en quelques minutes.<\/p>\n<div id=\"attachment_235\" style=\"width: 471px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"https:\/\/perso.ens-lyon.fr\/yves-francois.le-lay\/?attachment_id=235\" rel=\"attachment wp-att-235\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-235\" class=\"wp-image-235 size-full\" src=\"https:\/\/perso.ens-lyon.fr\/yves-francois.le-lay\/wp-content\/uploads\/2012\/09\/JardinPlantes1.jpg\" alt=\"\" width=\"461\" height=\"318\" srcset=\"https:\/\/perso.ens-lyon.fr\/yves-francois.le-lay\/wp-content\/uploads\/2012\/09\/JardinPlantes1.jpg 461w, https:\/\/perso.ens-lyon.fr\/yves-francois.le-lay\/wp-content\/uploads\/2012\/09\/JardinPlantes1-300x206.jpg 300w, https:\/\/perso.ens-lyon.fr\/yves-francois.le-lay\/wp-content\/uploads\/2012\/09\/JardinPlantes1-434x300.jpg 434w\" sizes=\"auto, (max-width: 461px) 100vw, 461px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-235\" class=\"wp-caption-text\">Figure 5 &#8211; Accumulation de blocs erratiques au Jardin des Plantes de la Croix-Rousse (clich\u00e9 : Y.-F. Le Lay, 2012)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Certes la taille du bloc d\u00e9crit en 1861 est impressionnante, mais il importe d\u2019en mod\u00e9rer l\u2019exceptionnalit\u00e9 tant sont r\u00e9pandus les autres blocs erratiques \u00e0 Lyon et dans sa r\u00e9gion. Des exemplaires ont \u00e9t\u00e9 dispos\u00e9s en pyramide dans le Jardin des Plantes (Figure 5) par l\u2019ing\u00e9nieur en chef de la voirie municipale (Falsan et Chantre, 1880 ; Cuvier, 1890). Surtout, en 1890, un autre bloc erratique volumineux est trouv\u00e9 dans les d\u00e9blais du nouveau funiculaire de la Croix-Rousse, la ficelle de Croix-Paquet. Il est d\u00e9crit par Cuvier en avril 1890 ainsi que dans la presse locale [3] : sa forme parall\u00e9lipip\u00e9dique est assez irr\u00e9guli\u00e8re ; sa plus petite dimension est de deux m\u00e8tres et sa plus grande d\u00e9passe trois m\u00e8tres ; son volume s\u2019\u00e9l\u00e8ve \u00e0 environ neuf \u00e0 dix m\u00e8tres cubes et son poids est \u00e9valu\u00e9 \u00e0 24 000 kilogrammes. Gris\u00e2tre, ce bloc montre une grande r\u00e9sistance. Il s\u2019agit de quartzite triasique m\u00e9tamorphique qui pr\u00e9sente des veines de quartz laiteux : \u00ab les affleurements de ce type de terrains les plus proches sont situ\u00e9s en Haute Maurienne ou en Haute Tarentaise, \u00e0 plus de 175 km de Lyon. Ce bloc erratique a donc \u00e9t\u00e9 d\u00e9plac\u00e9 par les glaciers du Riss d\u2019au moins de 175 km \u00bb [4].<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Bien que plus petit que celui d\u00e9couvert en 1861, c\u2019est ce bloc qui a \u00e9t\u00e9 conserv\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 aujourd\u2019hui. En 1890, pour c\u00e9l\u00e9brer la puissance technique associ\u00e9e aux chemins funiculaires [5] et conserver un t\u00e9moin de l\u2019avanc\u00e9e des glaciers alpins jusqu\u2019\u00e0 Lyon, il a \u00e9t\u00e9 extrait de la tranch\u00e9e et d\u00e9pos\u00e9 sur l\u2019espace public, \u00e0 l\u2019extr\u00e9mit\u00e9 orientale du boulevard de la Croix-Rousse [6]. \u00ab Dans cette position qui domine la plaine du Rh\u00f4ne, le bloc mont\u00e9 sur une rocaille artificielle ne manque pas d\u2019un certain effet d\u00e9coratif \u00bb (Cuvier, 1890, p. 34). La communaut\u00e9 locale l\u2019a reconnu comme un \u00e9l\u00e9ment de son patrimoine (Figure 6) [7]. Dans son livre intitul\u00e9 <em>A travers les rues de Lyon<\/em>, Vachet (1902) signalait qu\u2019une inscription donnait ces quelques \u00e9l\u00e9ments d\u2019explication\u00a0: \u00ab\u00a0bloc erratique transport\u00e9 des Alpes et du Jura m\u00e9ridional sur le plateau de la Croix-Rousse par les anciens glaciers de l\u2019\u00e9poque quaternaire\u00a0\u00bb. Seul ou en groupe, on pose \u00e0 son pied ou sur son sommet et la photographie en conserve la m\u00e9moire. Les habitants y sont attach\u00e9s. La d\u00e9nomination est une des premi\u00e8res \u00e9tapes du processus de distinction. De Rolland et Clouzet (1902) le confirment dans leur <em>Dictionnaire illustr\u00e9 des communes du d\u00e9partement du Rh\u00f4ne<\/em>\u00a0: \u00ab\u00a0le Gros Caillou, telle est l\u2019appellation par laquelle les habitants du quartier d\u00e9signent commun\u00e9ment ce monolithe\u00a0\u00bb (p.\u00a0174). Bien plus, il contribue \u00e0 f\u00e9d\u00e9rer la communaut\u00e9 locale pour laquelle il sert d\u2019embl\u00e8me. D\u00e8s le d\u00e9but du XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, \u00ab\u00a0quelques esprits fac\u00e9tieux donnent quelquefois au quartier avoisinant l\u2019endroit o\u00f9 il a \u00e9t\u00e9 \u00e9tabli le nom de Gros-Caillou\u00a0\u00bb (Vachet, 1902, p.\u00a0168). Une l\u00e9gende croix-roussienne raconte que le Gros Caillou repr\u00e9sente le c\u0153ur d\u2019un huissier cupide qui aurait mis \u00e0 la rue une famille de canuts. Beaucoup d\u2019enfants ont d\u00e9vor\u00e9 les pages des <em>Compagnons de la Croix-Rousse<\/em>, le premier roman de la s\u00e9rie des <em>Six Compagnons<\/em> que Paul-Jacques Bonzon a publi\u00e9 en 1961 dans la Biblioth\u00e8que verte d\u2019Hachette [8].<\/p>\n<div id=\"attachment_172\" style=\"width: 1102px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"https:\/\/perso.ens-lyon.fr\/yves-francois.le-lay\/?attachment_id=172\" rel=\"attachment wp-att-172\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-172\" class=\"wp-image-172 size-full\" src=\"https:\/\/perso.ens-lyon.fr\/yves-francois.le-lay\/wp-content\/uploads\/2012\/08\/CPA1.jpg\" alt=\"\" width=\"1092\" height=\"706\" srcset=\"https:\/\/perso.ens-lyon.fr\/yves-francois.le-lay\/wp-content\/uploads\/2012\/08\/CPA1.jpg 1092w, https:\/\/perso.ens-lyon.fr\/yves-francois.le-lay\/wp-content\/uploads\/2012\/08\/CPA1-300x193.jpg 300w, https:\/\/perso.ens-lyon.fr\/yves-francois.le-lay\/wp-content\/uploads\/2012\/08\/CPA1-1024x662.jpg 1024w, https:\/\/perso.ens-lyon.fr\/yves-francois.le-lay\/wp-content\/uploads\/2012\/08\/CPA1-464x300.jpg 464w\" sizes=\"auto, (max-width: 1092px) 100vw, 1092px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-172\" class=\"wp-caption-text\">Figure 6 &#8211; Carte postale dont le timbre a \u00e9t\u00e9 oblit\u00e9r\u00e9 le 13 octobre 1916<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans les ann\u00e9es 2000, sa patrimonialit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 confirm\u00e9e. Il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9plac\u00e9 de quelques dizaines de m\u00e8tres suite \u00e0 des travaux : au bout du boulevard, une esplanade pi\u00e9tonne recouvre d\u00e9sormais un parking souterrain (Figure 7). Le nouvel Espace Gros Caillou b\u00e9n\u00e9ficie d\u2019un point de vue ouvert sur l\u2019est de l\u2019agglom\u00e9ration lyonnaise, le pi\u00e9mont et au-del\u00e0 les Alpes. Dot\u00e9 d\u2019une valeur esth\u00e9tique, socioculturelle et scientifique, le Gros Caillou de la Croix-Rousse pr\u00e9sente ainsi nombre des caract\u00e9ristiques d\u2019un g\u00e9omorphosite.<\/p>\n<div id=\"attachment_233\" style=\"width: 314px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"https:\/\/perso.ens-lyon.fr\/yves-francois.le-lay\/?attachment_id=233\" rel=\"attachment wp-att-233\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-233\" class=\"wp-image-233 size-full\" src=\"https:\/\/perso.ens-lyon.fr\/yves-francois.le-lay\/wp-content\/uploads\/2012\/09\/GrosCaillou.jpg\" alt=\"\" width=\"304\" height=\"238\" srcset=\"https:\/\/perso.ens-lyon.fr\/yves-francois.le-lay\/wp-content\/uploads\/2012\/09\/GrosCaillou.jpg 304w, https:\/\/perso.ens-lyon.fr\/yves-francois.le-lay\/wp-content\/uploads\/2012\/09\/GrosCaillou-300x234.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 304px) 100vw, 304px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-233\" class=\"wp-caption-text\">Figure 7 &#8211; Le Gros Caillou de la Croix-Rousse (clich\u00e9 : Y.-F. Le Lay, 2012)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Outre la spectralit\u00e9, cet exemple du Gros Caillou de la Croix-Rousse illustre \u00e9galement les trois aspects que Morris (1964) reconna\u00eet dans un syst\u00e8me : (i) le <em>d\u00e9tachement<\/em> de l\u2019approche g\u00e9ologique permet de d\u00e9crire sa nature lithologique, son origine g\u00e9ographique et rend compte de sa mobilit\u00e9 dans le cadre des variations climatiques et glaciaires\u00a0; (ii) la <em>domination<\/em> inh\u00e9rente \u00e0 l\u2019approche (socio)technique rappelle le coefficient d\u2019adversit\u00e9 qui a \u00e9t\u00e9 attach\u00e9 au bloc erratique lors des travaux relatifs au projet de transport urbain\u00a0: (iii) la <em>d\u00e9pendance<\/em> de l\u2019approche socioculturelle souligne comment le rocher est devenu, sinon le ferment ou le symbole identitaire, du moins l\u2019objet de l\u2019attachement certain d\u2019un groupe d\u2019individus qui le consomme (culturellement).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[1] Proc\u00e8s-verbaux des s\u00e9ances et tables des <em>Annales des sciences physiques et naturelles, d\u2019agriculture et d\u2019industrie pour l\u2019ann\u00e9e 1863<\/em>, t.\u00a0VII, s\u00e9ance du 6 mars, p.\u00a0XXIX-XXXI.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[2] <em>Ibid<\/em>.<\/p>\n<p>[3] <em>Le Salut Public. Journal de Lyon<\/em>, 17\/03\/1890, p.\u00a02.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[4] Thomas P., 2003, \u00ab Le Gros Caillou de la Croix-Rousse \u00bb, <a href=\"http:\/\/planet-terre.ens-lyon.fr\/image-de-la-semaine\/Img62-2003-12-01.xml\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">billet<\/a>. Ces \u00e9l\u00e9ments corroborent les conclusions de S. Coutterand, P. Schoeneich et Nicoud (2009).<\/p>\n<p>[5] La ficelle de Croix-Paquet inaugur\u00e9e le 12 avril 1891.<\/p>\n\n\n<p>[6] <em>Le Salut Public. Journal de Lyon<\/em>, 17\/03\/1890, p.&nbsp;2. <\/p>\n\n\n\n<p>[7]  Cuvier (1890) souligne combien la taille de ces monolithes a frapp\u00e9 les populations locales : \u00ab depuis l\u2019\u00e9poque historique, beaucoup de ces blocs portent des noms r\u00e9pondants \u00e0 des id\u00e9es surnaturelles et myst\u00e9rieuses : <em>Pierre-aux-F\u00e9es<\/em>, <em>Boule-de-Gargantua<\/em>, <em>Pierre-Sacr\u00e9e<\/em>, <em>Mule-du-Diable<\/em>, <em>Boule-de-Samson<\/em>, <em>Pierre-du-Diable<\/em>, etc.&nbsp;\u00bb (p.&nbsp;35). Il insiste aussi sur la propension des blocs erratiques \u00e0 faire l\u2019objet de r\u00e9cits&nbsp;: \u00ab&nbsp;plusieurs d\u2019entre eux ont \u00e9videmment servi de centre de r\u00e9union aux temps pr\u00e9historiques, car il y en a qui portent des sculptures grossi\u00e8res, des signes et des \u00e9cuelles ou bassins rappelant vraisemblablement des c\u00e9r\u00e9monies religieuses&nbsp;\u00bb (p.&nbsp;35).<\/p>\n\n\n\n<p>[8] Bonzon P.-J., 1961, <em>Compagnons de la Croix-Rousse<\/em>, Paris, Hachette, 190&nbsp;p.  <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Introduite par M. Panizza en 2001 dans le Chinese Science Bulletin, la notion de \u00ab\u00a0g\u00e9omorphosite\u00a0\u00bb qualifie un g\u00e9osite de nature g\u00e9omorphologique, pourvu d\u2019une valeur esth\u00e9tique, socio-\u00e9conomique, culturelle ou scientifique (Reynard, 2005\u00a0; Reynard et Panizza, 2005\u00a0; Giusti et Calvet, 2010). Cette &hellip; <a href=\"https:\/\/perso.ens-lyon.fr\/yves-francois.le-lay\/?p=170\">Continuer la lecture <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2},"jetpack_post_was_ever_published":false},"categories":[26],"tags":[35,85,36,84,37,44,34],"class_list":["post-170","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-posture-scientifique","tag-bloc-erratique","tag-croix-rousse","tag-geomorphosite","tag-gros-caillou","tag-imaginaire","tag-lyon","tag-patrimoine"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p2AZVW-2K","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/perso.ens-lyon.fr\/yves-francois.le-lay\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/170","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/perso.ens-lyon.fr\/yves-francois.le-lay\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/perso.ens-lyon.fr\/yves-francois.le-lay\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/perso.ens-lyon.fr\/yves-francois.le-lay\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/perso.ens-lyon.fr\/yves-francois.le-lay\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=170"}],"version-history":[{"count":42,"href":"https:\/\/perso.ens-lyon.fr\/yves-francois.le-lay\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/170\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1244,"href":"https:\/\/perso.ens-lyon.fr\/yves-francois.le-lay\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/170\/revisions\/1244"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/perso.ens-lyon.fr\/yves-francois.le-lay\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=170"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/perso.ens-lyon.fr\/yves-francois.le-lay\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=170"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/perso.ens-lyon.fr\/yves-francois.le-lay\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=170"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}