{"id":593,"date":"2014-01-16T20:28:15","date_gmt":"2014-01-16T19:28:15","guid":{"rendered":"http:\/\/perso.ens-lyon.fr\/yves-francois.le-lay\/?p=593"},"modified":"2014-02-28T17:39:11","modified_gmt":"2014-02-28T16:39:11","slug":"lyon-ville-de-choin","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/perso.ens-lyon.fr\/yves-francois.le-lay\/?p=593","title":{"rendered":"Lyon, ville de choin"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">Lyon a du choin&#8230; D&rsquo;ailleurs comment l&rsquo;imaginer sans ? La physionomie des quartiers centraux de l&rsquo;agglom\u00e9ration lyonnaise doit en effet beaucoup \u00e0 ce calcaire dur, dont les bancs \u00e9taient exploit\u00e9s dans le Haut-Rh\u00f4ne, \u00e0 proximit\u00e9 du fleuve, et fournissaient des blocs de toute dimension. Des bateaux transportaient facilement la pierre \u00e0 Lyon et en aval. Si les Romains la connaissaient et l&rsquo;utilisaient d\u00e9j\u00e0, ce mat\u00e9riau de qualit\u00e9 r\u00e9appara\u00eet aux XVIIIe si\u00e8cle et devient la pierre de construction lyonnaise par excellence pendant deux si\u00e8cles. Malgr\u00e9 quelques caract\u00e9ristiques visuelles in\u00e9galement appr\u00e9ci\u00e9es, \u00ab\u00a0ses qualit\u00e9s ont permis l&rsquo;\u00e9dification de beaux et solides travaux d&rsquo;art, monuments et immeubles qui sont l&rsquo;ornement de la ville\u00a0\u00bb (Mazenot, 1936).<!--more--><\/p>\n<h1>Un mat\u00e9riau de qualit\u00e9<\/h1>\n<p style=\"text-align: justify;\">D&rsquo;\u00e2ge Bathonien sup\u00e9rieur, la pierre de Villebois, dite \u00e9galement de Montalieu-Vercieu ou de Trept (Mazenot, 1936), est un calcaire compact, l\u00e9g\u00e8rement cristallin, \u00e0 grain fin. Il comporte parfois quelques lentilles ou rognons de silex dispos\u00e9s en lits horizontaux (Fournet, 1844 ; Drian, 1849 ; Demarcq, 1973). Des ammonites fossilis\u00e9es peuvent s&rsquo;y trouver. Compact et tr\u00e8s dur, le choin r\u00e9siste aux intemp\u00e9ries comme \u00e0 l&rsquo;\u00e9crasement. Il p\u00e8se 2750 kg au m\u00e8tre cube et sa r\u00e9sistance \u00e0 l&rsquo;\u00e9crasement s&rsquo;\u00e9l\u00e8ve \u00e0 1450 kg par centim\u00e8tre carr\u00e9. En cons\u00e9quence, il se pr\u00eate tant \u00e0 la taille qu&rsquo;au polissage. A Villebois, Amblagnieu ou Parmilieu, les glaciers quaternaires ont parfois travaill\u00e9 sa surface en lui donnant un bel aspect poli, stri\u00e9 ou cannel\u00e9 (Falsan et Chantre, 1879).<\/p>\n<div id=\"attachment_651\" style=\"width: 826px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/perso.ens-lyon.fr\/yves-francois.le-lay\/wp-content\/uploads\/2014\/01\/Choin.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-651\" class=\" wp-image-651\" alt=\"Choin\" src=\"http:\/\/perso.ens-lyon.fr\/yves-francois.le-lay\/wp-content\/uploads\/2014\/01\/Choin.jpg\" width=\"816\" height=\"1224\" srcset=\"https:\/\/perso.ens-lyon.fr\/yves-francois.le-lay\/wp-content\/uploads\/2014\/01\/Choin.jpg 816w, https:\/\/perso.ens-lyon.fr\/yves-francois.le-lay\/wp-content\/uploads\/2014\/01\/Choin-200x300.jpg 200w, https:\/\/perso.ens-lyon.fr\/yves-francois.le-lay\/wp-content\/uploads\/2014\/01\/Choin-682x1024.jpg 682w\" sizes=\"auto, (max-width: 816px) 100vw, 816px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-651\" class=\"wp-caption-text\">Parapet en choin \u00e9rod\u00e9, en rive gauche de la Sa\u00f4ne (clich\u00e9 : Le Lay Y.-F., 2014)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tr\u00e8s pr\u00e9sente dans le b\u00e2ti lyonnais, cette pierre a aussi \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9 \u00e0 Chamb\u00e9ry, \u00e0 Grenoble, \u00e0 Saint-Etienne, \u00e0 Givors et \u00e0 Vienne dans la r\u00e9gion Rh\u00f4ne-Alpes, plus loin \u00e0 Paris (soubassement de la gare Saint-Lazare, une partie de la gare de l&rsquo;Est), \u00e0 Montpellier, \u00e0 Tours, \u00e0 Marseille, \u00e0 Angers, et \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger \u00e0 Gen\u00e8ve et m\u00eame aux Pays-Bas. Exploit\u00e9 comme pierre de taille ou d&rsquo;appareil, le choin a permis la construction \u00e0 Lyon de tous les quais du Rh\u00f4ne et de la Sa\u00f4ne, les murs des bas-ports et les escaliers. Le mat\u00e9riau se retrouve dans le pont Lafayette (1890) et les piles du pont de l&rsquo;Universit\u00e9 (1903) sur le Rh\u00f4ne, ainsi que dans les piliers des passerelles Saint-Vincent (1832) et Paul Couturier (1853) sur la Sa\u00f4ne. Tant\u00f4t les immeubles sont int\u00e9gralement en choin, tant\u00f4t seules les portions importantes y recourent, comme les soubassements, les angles, les linteaux, les bandeaux, les frontons, les perrons, les paliers, les marches, les piliers et les balcons. Les \u00e9difices publics qui doivent en imposer ont contribu\u00e9 \u00e0 l&rsquo;omnipr\u00e9sence du choin, m\u00eame si ce dernier y est souvent associ\u00e9 \u00e0 d&rsquo;autres mat\u00e9riaux : H\u00f4tel-Dieu, H\u00f4tel de Ville, les vingt-quatre colonnes et les fa\u00e7ades du Palais de justice historique, le Palais de la Bourse, Op\u00e9ra, Pr\u00e9fecture, l&rsquo;Universit\u00e9 des quais et des \u00e9glises (par exemple, la basilique Notre-Dame de Fourvi\u00e8re, l&rsquo;\u00e9glise Saint-Georges, la primatiale Saint-Jean). Mais, comme souvent, une partie du mat\u00e9riau a \u00e9t\u00e9 r\u00e9employ\u00e9. Par exemple, selon un ancien titre du chapitre de Fourvi\u00e8re, le choin de la cath\u00e9drale Saint-Jean provenait des ruines romaines situ\u00e9es plus haut sur la colline (Drian, 1848).<\/p>\n<div id=\"attachment_650\" style=\"width: 1234px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/perso.ens-lyon.fr\/yves-francois.le-lay\/wp-content\/uploads\/2014\/01\/Justice.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-650\" class=\" wp-image-650\" alt=\"Justice\" src=\"http:\/\/perso.ens-lyon.fr\/yves-francois.le-lay\/wp-content\/uploads\/2014\/01\/Justice.jpg\" width=\"1224\" height=\"816\" srcset=\"https:\/\/perso.ens-lyon.fr\/yves-francois.le-lay\/wp-content\/uploads\/2014\/01\/Justice.jpg 1224w, https:\/\/perso.ens-lyon.fr\/yves-francois.le-lay\/wp-content\/uploads\/2014\/01\/Justice-300x200.jpg 300w, https:\/\/perso.ens-lyon.fr\/yves-francois.le-lay\/wp-content\/uploads\/2014\/01\/Justice-1024x682.jpg 1024w, https:\/\/perso.ens-lyon.fr\/yves-francois.le-lay\/wp-content\/uploads\/2014\/01\/Justice-450x300.jpg 450w\" sizes=\"auto, (max-width: 1224px) 100vw, 1224px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-650\" class=\"wp-caption-text\">Les colonnes du Palais de justice historique de Lyon (clich\u00e9 : Le Lay Y.-F., 2014)<\/p><\/div>\n<h1 style=\"text-align: justify;\">Une belle pierre ?<\/h1>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;irr\u00e9gularit\u00e9 de traces contourn\u00e9es et ramifi\u00e9es et la dentelle des stylolithes donnent au choin un aspect particuli\u00e8rement distinctif qui ne permet aucune confusion.\u00a0Lorsque la roche est intacte, des tra\u00een\u00e9es rameuses se d\u00e9tachent en jaune clair sur les surfaces taill\u00e9es dont elles \u00e9gayent la teinte cendr\u00e9e ou blanc-gris\u00e2tre. Mais l&rsquo;\u00e9rosion diff\u00e9rentielle lui conf\u00e8re une allure vermicul\u00e9e et bicolore. En effet, les tra\u00een\u00e9es du choin sont form\u00e9es d&rsquo;un calcaire plus sensibles aux intemp\u00e9ries dont l&rsquo;action donne \u00e0 l&rsquo;ensemble son aspect caract\u00e9ristique. Comment expliquer ces tra\u00een\u00e9es ? Reprenant des travaux pr\u00e9c\u00e9dents, Roman (1926) attribue la formation de ces cavit\u00e9s (qui ont ensuite \u00e9t\u00e9 combl\u00e9es) \u00e0 des vers marins perforants. Aujourd&rsquo;hui, elles restent interpr\u00e9t\u00e9es comme des terriers creus\u00e9es, au d\u00e9but de la formation du calcaire, dans le s\u00e9diment encore meuble par des organismes fouisseurs vivants sur les fonds marins (Demarcq, 1973 ; Kerrien et Monjuvent, 1990 ; Debard <em>et al.<\/em>, 2012).<\/p>\n<div id=\"attachment_604\" style=\"width: 1234px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/perso.ens-lyon.fr\/yves-francois.le-lay\/wp-content\/uploads\/2014\/01\/DSCF0197-1224-x-816.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-604\" class=\" wp-image-604 \" alt=\"DSCF0197 (1224 x 816)\" src=\"http:\/\/perso.ens-lyon.fr\/yves-francois.le-lay\/wp-content\/uploads\/2014\/01\/DSCF0197-1224-x-816.jpg\" width=\"1224\" height=\"816\" srcset=\"https:\/\/perso.ens-lyon.fr\/yves-francois.le-lay\/wp-content\/uploads\/2014\/01\/DSCF0197-1224-x-816.jpg 1224w, https:\/\/perso.ens-lyon.fr\/yves-francois.le-lay\/wp-content\/uploads\/2014\/01\/DSCF0197-1224-x-816-300x200.jpg 300w, https:\/\/perso.ens-lyon.fr\/yves-francois.le-lay\/wp-content\/uploads\/2014\/01\/DSCF0197-1224-x-816-1024x682.jpg 1024w, https:\/\/perso.ens-lyon.fr\/yves-francois.le-lay\/wp-content\/uploads\/2014\/01\/DSCF0197-1224-x-816-450x300.jpg 450w\" sizes=\"auto, (max-width: 1224px) 100vw, 1224px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-604\" class=\"wp-caption-text\">Les tra\u00een\u00e9es rameuses du choin (clich\u00e9 : Le Lay Y.-F., 2014)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">La pierre pr\u00e9sente \u00e9galement d&rsquo;abondantes petites lignes dentel\u00e9es, comme si le plafond du banc inf\u00e9rieur, plus r\u00e9sistant, avait p\u00e9n\u00e9tr\u00e9 dans le plancher d&rsquo;un banc sup\u00e9rieur (Roman, 1926). Il en est aussi \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur d&rsquo;un m\u00eame banc. Ce sont des \u00ab\u00a0joints stylolithiques, parall\u00e8les \u00e0 la stratification, dont la surface est h\u00e9riss\u00e9e de mamelons cannel\u00e9s et pointus\u00a0\u00bb (David, 1976). Ces petites lignes bris\u00e9es ne plaisaient gu\u00e8re \u00e0 Baltard, l&rsquo;architecte du Palais de justice, qui expliquait l&rsquo;inf\u00e9riorit\u00e9 de la pierre de Villebois par \u00ab\u00a0des mises ou d\u00e9lits si semblables aux sutures d&rsquo;un cr\u00e2ne, si d\u00e9plaisantes au milieu d&rsquo;un appareil dont les agr\u00e9gations tendent \u00e0 se d\u00e9tacher et \u00e0 former des stries d&rsquo;apparence d&rsquo;autant moins supportables qu&rsquo;elles sont irr\u00e9guli\u00e8res\u00a0\u00bb (cit\u00e9 dans Debard <em>et al.<\/em>, 2012).<\/p>\n<div id=\"attachment_605\" style=\"width: 1234px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/perso.ens-lyon.fr\/yves-francois.le-lay\/wp-content\/uploads\/2014\/01\/DSCF0198-1224-x-816.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-605\" class=\" wp-image-605  \" alt=\"DSCF0198 (1224 x 816)\" src=\"http:\/\/perso.ens-lyon.fr\/yves-francois.le-lay\/wp-content\/uploads\/2014\/01\/DSCF0198-1224-x-816.jpg\" width=\"1224\" height=\"816\" srcset=\"https:\/\/perso.ens-lyon.fr\/yves-francois.le-lay\/wp-content\/uploads\/2014\/01\/DSCF0198-1224-x-816.jpg 1224w, https:\/\/perso.ens-lyon.fr\/yves-francois.le-lay\/wp-content\/uploads\/2014\/01\/DSCF0198-1224-x-816-300x200.jpg 300w, https:\/\/perso.ens-lyon.fr\/yves-francois.le-lay\/wp-content\/uploads\/2014\/01\/DSCF0198-1224-x-816-1024x682.jpg 1024w, https:\/\/perso.ens-lyon.fr\/yves-francois.le-lay\/wp-content\/uploads\/2014\/01\/DSCF0198-1224-x-816-450x300.jpg 450w\" sizes=\"auto, (max-width: 1224px) 100vw, 1224px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-605\" class=\"wp-caption-text\">La dentelle des joints stylolithiques du choin (clich\u00e9 : Le Lay Y.-F., 2014)<\/p><\/div>\n<h1 style=\"text-align: justify;\">Tout un monde d&rsquo;ouvriers<\/h1>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les blocs \u00e9taient tir\u00e9s de neuf \u00e0 quinze bancs, bien marqu\u00e9s et constituant une masse de quatre \u00e0 dix m\u00e8tres de puissance (Mazenot, 1936), \u00ab\u00a0avec des moyens de plus en plus perfectionn\u00e9s au fil des temps : coins de bois arros\u00e9s, puits creus\u00e9s \u00e0 la main, fil de sciage, perforatrices&#8230;\u00a0\u00bb (David, 1976). Dans les ann\u00e9es 1930, les carri\u00e8res se montraient bien outill\u00e9es, disposant notamment d&rsquo;installations \u00e0 air comprim\u00e9. Apr\u00e8s avoir fait sauter \u00e0 la poudre les portions peu int\u00e9ressantes, les ouvriers foraient de petits trous en ligne, d\u00e9coupant ainsi des blocs que des coins achevaient de soulever et arracher. A proximit\u00e9, \u00ab\u00a0des installations de fils h\u00e9lico\u00efdaux et des armures de sciage permettent le sciage des blocs ; dans des ateliers annex\u00e9s aux chantiers d&rsquo;extraction se font, \u00e0 la main ou \u00e0 l&rsquo;air comprim\u00e9, la taille, le bouchardage et le polissage\u00a0\u00bb (Mazenot, 1936).<\/p>\n<div id=\"attachment_635\" style=\"width: 497px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/perso.ens-lyon.fr\/yves-francois.le-lay\/wp-content\/uploads\/2014\/01\/Villebois.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-635\" class=\" wp-image-635\" alt=\"Villebois\" src=\"http:\/\/perso.ens-lyon.fr\/yves-francois.le-lay\/wp-content\/uploads\/2014\/01\/Villebois.png\" width=\"487\" height=\"138\" srcset=\"https:\/\/perso.ens-lyon.fr\/yves-francois.le-lay\/wp-content\/uploads\/2014\/01\/Villebois.png 487w, https:\/\/perso.ens-lyon.fr\/yves-francois.le-lay\/wp-content\/uploads\/2014\/01\/Villebois-300x85.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 487px) 100vw, 487px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-635\" class=\"wp-caption-text\">Publicit\u00e9 pour la pierre de Villebois (source : La Construction lyonnaise, 1886, tome IV, n\u00b0 21, p. 251)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">De grands blocs ou dalles pouvaient ainsi \u00eatre extraits. Seules les contraintes du transport en limitaient les dimensions. Sur la place de Villebois, un monument \u00e0 la r\u00e9volution de 1789 t\u00e9moigne du potentiel gigantisme des blocs : une statue all\u00e9gorique de la R\u00e9publique domine les alentours depuis le sommet d&rsquo;une immense ob\u00e9lisque qui a \u00e9t\u00e9 taill\u00e9e d&rsquo;une seule pi\u00e8ce (monolithe) dans le choin.<\/p>\n<div id=\"attachment_658\" style=\"width: 1678px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/perso.ens-lyon.fr\/yves-francois.le-lay\/wp-content\/uploads\/2014\/01\/Villebois.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-658\" class=\" wp-image-658\" alt=\"Villebois\" src=\"http:\/\/perso.ens-lyon.fr\/yves-francois.le-lay\/wp-content\/uploads\/2014\/01\/Villebois.jpg\" width=\"1668\" height=\"1080\" srcset=\"https:\/\/perso.ens-lyon.fr\/yves-francois.le-lay\/wp-content\/uploads\/2014\/01\/Villebois.jpg 1668w, https:\/\/perso.ens-lyon.fr\/yves-francois.le-lay\/wp-content\/uploads\/2014\/01\/Villebois-300x194.jpg 300w, https:\/\/perso.ens-lyon.fr\/yves-francois.le-lay\/wp-content\/uploads\/2014\/01\/Villebois-1024x663.jpg 1024w, https:\/\/perso.ens-lyon.fr\/yves-francois.le-lay\/wp-content\/uploads\/2014\/01\/Villebois-463x300.jpg 463w\" sizes=\"auto, (max-width: 1668px) 100vw, 1668px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-658\" class=\"wp-caption-text\">La place et la colonne de Villebois, dans l&rsquo;Ain (carte postale ayant circul\u00e9 en 1957)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;exploitation du choin s&rsquo;est d\u00e9velopp\u00e9e intensivement aux XVIIIe et XIXe si\u00e8cles, gr\u00e2ce au \u00ab\u00a0travail de 2500 ouvriers dans plus de 50 carri\u00e8res\u00a0\u00bb (David, 1976). Ces derni\u00e8res animaient la cluse du Rh\u00f4ne et le plateau, notamment les communes de Saint-Hilaire-de-Brens, de Trept, de Siccieu-Saint-Julien-et-Carisieu, de Charette, de Montalieu-Vercieu, de Porcieu-Amblagnieu et de Parmilieu en rive gauche (Is\u00e8re) et celles de Serri\u00e8res-de-Briord, de Villebois et de Sault-Brenaz en rive droite (Ain). Extraite de part et d&rsquo;autre du fleuve, la pierre \u00e9tait transport\u00e9e par la voie d&rsquo;eau rhodanienne et trouvait ais\u00e9ment un d\u00e9bouch\u00e9 sur Lyon et les villes en aval. Puis deux compagnies de chemin de fer ont cr\u00e9\u00e9 des tron\u00e7ons sp\u00e9ciaux pour l&rsquo;exp\u00e9dition des pierres de tailles : le Paris-Lyon-M\u00e9diterran\u00e9e (PLM) et l&rsquo;Est de Lyon. D\u00e8s 1875, PLM construit un pont sur le Rh\u00f4ne pour desservir les carri\u00e8res de Montalieu. A partir de 1881, avec la cr\u00e9ation des gares d&rsquo;Amblagnieu, de Sous-Amblagnieu et de Montalieu, le chemin de fer de l&rsquo;Est de Lyon devient un \u00ab\u00a0r\u00e9seau\u00a0 industriel r\u00e9serv\u00e9 au trafic lourd en Petite Vitesse\u00a0\u00bb (Carron, 1948) dont une mission est d&rsquo;exp\u00e9dier la production des carri\u00e8res du Bas-Dauphin\u00e9. Les ateliers de taille des carri\u00e8res principales disposent d&#8217;embranchements particuliers. Les gares (notamment celle de Montalieu) proposent des quais sp\u00e9ciaux aux carriers qui ne peuvent pas en b\u00e9n\u00e9ficier.<\/p>\n<div id=\"attachment_596\" style=\"width: 1112px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/perso.ens-lyon.fr\/yves-francois.le-lay\/wp-content\/uploads\/2014\/01\/CheminFer.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-596\" class=\" wp-image-596\" alt=\"CheminFer\" src=\"http:\/\/perso.ens-lyon.fr\/yves-francois.le-lay\/wp-content\/uploads\/2014\/01\/CheminFer.png\" width=\"1102\" height=\"883\" srcset=\"https:\/\/perso.ens-lyon.fr\/yves-francois.le-lay\/wp-content\/uploads\/2014\/01\/CheminFer.png 1102w, https:\/\/perso.ens-lyon.fr\/yves-francois.le-lay\/wp-content\/uploads\/2014\/01\/CheminFer-300x240.png 300w, https:\/\/perso.ens-lyon.fr\/yves-francois.le-lay\/wp-content\/uploads\/2014\/01\/CheminFer-1024x820.png 1024w, https:\/\/perso.ens-lyon.fr\/yves-francois.le-lay\/wp-content\/uploads\/2014\/01\/CheminFer-374x300.png 374w\" sizes=\"auto, (max-width: 1102px) 100vw, 1102px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-596\" class=\"wp-caption-text\">Le chemin de fer de l&rsquo;Est de Lyon (Carron, 1948)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le choin a \u00e9galement connu un usage moins noble, en fonderie de fonte, o\u00f9 il a servi comme castine, c&rsquo;est-\u00e0-dire comme fondant et comme \u00e9purateur pour le minerai de fer. Mazenot (1936) d\u00e9crit ainsi un site de Saint-Hilaire-de-Brens : \u00ab\u00a0(&#8230;) une vaste carri\u00e8re est ouverte dans le calcaire oolithique. 26 ouvriers du pays, travaillant trois jours par semaine, y extraient la pierre qui, par le chemin de fer dont les voies p\u00e9n\u00e8trent dans les chantiers m\u00eames, est exp\u00e9di\u00e9e aux hauts-fourneaux de Chasse et de Givors\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le choin est rest\u00e9 \u00ab\u00a0pr\u00e9sent dans de nombreux immeubles de rapport construits jusqu&rsquo;au milieu du XXe si\u00e8cle\u00a0\u00bb (Debard <em>et al.<\/em>, 2012). Aujourd&rsquo;hui, quelques carri\u00e8res conservent une activit\u00e9, par exemple \u00e0 Porcieu-Amblagnieu (Is\u00e8re), pour assurer la restauration de monuments ou d&rsquo;ouvrages d&rsquo;art construits avec cette pierre. Mais le XXe si\u00e8cle est celui du b\u00e9ton arm\u00e9, et Lyon peut compter sur une profusion d&rsquo;agr\u00e9gats (Mongereau, 2010). Aussi le choin a-t-il perdu de l&rsquo;int\u00e9r\u00eat aupr\u00e8s des entrepreneurs, le Bas Dauphin\u00e9 lui-m\u00eame accueillant des usines de ciment et de chaux hydrauliques qui ont concurrenc\u00e9 la pierre. Les nouveaux am\u00e9nagements n&rsquo;y recourent plus gu\u00e8re. Con\u00e7ues dans le cadre des travaux de la reconqu\u00eate des berges du Rh\u00f4ne, les terrasses de la Guilloti\u00e8re sont certes constitu\u00e9es d&rsquo;une roche de teinte claire, mais un calcaire de Croatie a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 au choin d\u00e9chu.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Lyon a du choin&#8230; D&rsquo;ailleurs comment l&rsquo;imaginer sans ? La physionomie des quartiers centraux de l&rsquo;agglom\u00e9ration lyonnaise doit en effet beaucoup \u00e0 ce calcaire dur, dont les bancs \u00e9taient exploit\u00e9s dans le Haut-Rh\u00f4ne, \u00e0 proximit\u00e9 du fleuve, et fournissaient des &hellip; <a href=\"https:\/\/perso.ens-lyon.fr\/yves-francois.le-lay\/?p=593\">Continuer la lecture <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":false,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2},"jetpack_post_was_ever_published":false},"categories":[26],"tags":[70,62,59,65,58,44,34,57],"class_list":["post-593","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-posture-scientifique","tag-architecture","tag-calcaire","tag-carriere","tag-choin","tag-geologie","tag-lyon","tag-patrimoine","tag-pierre"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p2AZVW-9z","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/perso.ens-lyon.fr\/yves-francois.le-lay\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/593","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/perso.ens-lyon.fr\/yves-francois.le-lay\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/perso.ens-lyon.fr\/yves-francois.le-lay\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/perso.ens-lyon.fr\/yves-francois.le-lay\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/perso.ens-lyon.fr\/yves-francois.le-lay\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=593"}],"version-history":[{"count":26,"href":"https:\/\/perso.ens-lyon.fr\/yves-francois.le-lay\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/593\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":682,"href":"https:\/\/perso.ens-lyon.fr\/yves-francois.le-lay\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/593\/revisions\/682"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/perso.ens-lyon.fr\/yves-francois.le-lay\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=593"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/perso.ens-lyon.fr\/yves-francois.le-lay\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=593"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/perso.ens-lyon.fr\/yves-francois.le-lay\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=593"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}