Enseignements

Ces enseignements contribuent aux formations suivantes :

Principaux cours d’aujourd’hui

La perception de l’environnement : THÉORIE et MÉTHODES

Ce cours explore l’engagement des communautés habitantes – en termes de connaissances, d’émotion et d’action – dans une tension dynamique avec les composantes humaines et non humaines de leur environnement. Le contenu empruntera surtout à la géographie environnementale, mais aussi à la psychologie, à la sociologie et à l’histoire de l’environnement.

Le croisement des acquis de ces disciplines s’impose tant la perception de l’environnement varie en fonction des caractéristiques sociales, spatiales et temporelles des situations considérées. Le rôle de la familiarité, des pratiques, des connaissances ou encore des projets des habitants doit notamment être questionné. La réflexion débouchera sur l’identification de trois modes d’être au monde, à savoir le détachement, la dépendance et la domination. Une telle ontologie permet de revisiter d’une manière ouverte le délicat problème des (dis)continuités entre les humains et ce qui les entoure. Développées dans des contextes socioculturels différents, dans des pays dits du Nord et du Sud, des études de cas seront présentées pour souligner ce que la perception environnementale doit à la présence d’eau, de végétation, de constructions… La perception de certains milieux spécifiques sera détaillée, comme celle des montagnes, des zones humides ou encore des villes. Mais au-delà des spécificités, l’environnement perçu est évalué selon un système de valeurs qui permet de répondre à des questions simples. Qu’est-ce qui est beau ? Qu’est-ce qui est bien ? Qu’est-ce qui est vrai ? La priorité donnée à l’une de ces valeurs cardinales distingue des postures caricaturales, respectivement celle de l’artiste, de l’ingénieur et du scientifique. Surtout, ces valeurs s’appellent l’une à l’autre et invitent à un effort réflexif dans la perspective des géographies dites radicale, critique ou post-coloniale : voir, se mouvoir et s’émouvoir sont autant de compétences qui se comprennent en situation.

Divers dispositifs méthodologiques permettant d’étudier la perception environnementale seront présentés. Au sein des sciences humaines et sociales, les significations descriptive, appréciative et prescriptive de l’environnement ont été abondamment analysées en recourant notamment à l’image et au discours. Les études dites de perception et d’évaluation paysagère s’appuient par exemple sur des photographies et des vidéos. D’autres approches s’intéressent davantage aux discours écrits ou oraux qui documentent l’environnement des énonciateurs. Et les enquêtes s’efforcent de plus en plus de croiser ces techniques iconiques et verbales. Ces travaux ont produit des savoirs et des savoir-faire concrets, mis en œuvre au sein de structures de gestion et de collectivités territoriales, et validés par des retours d’expériences. Les résultats acquis débouchent sur des recommandations formulées à l’intention des décideurs, des gestionnaires et des opérateurs. Les implications peuvent en effet être très pratiques, intéressant tant l’aménagement et l’architecture du paysage que la communication environnementale ou la protection des espaces et des espèces. Par exemple, s’appuyer sur un animal charismatique peut permettre de lever des fonds et de promouvoir la restauration d’un habitat dégradé. De même, le simple accès visuel à de la végétation en ville améliore le bien-être de ceux qui en profitent. Ou encore, le maintien d’un espace sombre et humide peut induire des stratégies d’évitement dans les mobilités quotidiennes d’une partie de la population riveraine.

Au total, c’est bien dans une relation étroite avec l’action (motion) et l’émotion (e-motion), que les humains perçoivent leur environnement (e-motion-scape). Le géographe donne alors la main à l’aménageur et à l’artiste, chacun prenant part à une communauté ouverte qui cherche à définir ses problèmes entre consensus et controverses pour mieux habiter la terre.

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Anonyme, dessin publié dans Fliegende Blätter le 23 octobre 1892.

La nature, objet géographique

Ce cours aborde la nature selon une approche critique, en questionnant la manière dont elle est appréhendée selon les sociétés et les époques. Après un cadrage de la question, les séances s’appuient sur des exemples diversifiés pour aborder à différentes échelles spatiales les thématiques de la protection et de la restauration écologique, des ressources naturelles, des risques et des vulnérabilités, des changements environnementaux et des crises écologiques, des conflits environnementaux et de la gouvernance, des tourismes et des loisirs de nature, du capital environnemental ou encore des éthiques environnementales. Ce sera l’occasion de faire le point sur le recours à l’approche systémique (écosystème, géosystème, anthroposystème, socio-écosystème) et aux concepts de biodiversité, de développement durable, de services écosystémiques et d’Anthropocène pour penser la nature et son hybridité.

Plaque installée dans le quartier du Marais à Paris et créée par Kaï, un street artist américain (cliché : Le Lay Y.-F., 2016).

Représenter l’espace

Cette vaste question au programme de l’agrégation aborde les représentations dans leur pluralité. Certes toute représentation remplace quelque chose d’autre pour quelqu’un. En d’autres termes, procédant des relations que les humains entretiennent avec le monde environnant, une représentation désigne une entité formelle – toujours spatiale et temporelle, matérielle et mentale, individuelle et collective – qui fait référence à une autre entité (appelée le référent) et favorise ainsi la cognition et l’action des individus. Mais, sur la base de cette définition générale, quatre types de représentation peuvent être dégagés : (i) la représentation mentale désigne un ensemble structuré, fonctionnel et évolutif d’idées, de croyances, d’opinions à l’égard d’un objet ou d’une situation ; (ii) la représentation matérielle stabilise des idées dans le monde concret des objets (comme une carte, un bâtiment ou une peinture) ; (iii) la représentation politique délègue à une entité humaine la capacité de représentation d’un collectif d’humains au sein d’une organisation sociale ; et (iv) la représent-action reproduit un modèle, à la manière de la représentation théâtrale qui actualise une pièce sur une scène et pour un public. Représenter l’espace est le fondement de toute démarche géographique. C’est pourquoi les géographes collectent divers matériaux médiateurs de représentations, comme les discours verbaux (entretiens, littérature, bande dessinée), les images (publicité, peinture, photographie, cinéma, jeux vidéo) ou encore les cartes mentales. Quelques éléments bibliographiques sont disponibles ici.

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Une installation sur la Sélune, dans la Manche (cliché : Le Lay Y.-F., 2015).

Géographie des mers et des océans

Ce cours est conçu pour préparer les candidats à la question intitulée « Géographie des mers et des océans ». Elle intègre le programme des agrégations externes de géographie et d’histoire à partir de la session 2015. Il s’agit d’aborder l’océan planétaire selon une approche systémique pour en appréhender les dimensions spatiales et temporelle, les échelles et les niveaux de réalités (physico-chimique, biologique, socio-économique et culturel). Les différentes séances aborderont notamment la structure et le fonctionnement du système océanique, la pêche et l’aquaculture, les transports maritimes, la biodiversité et la protection de l’océan, les risques dits naturels, technologiques et sociaux, la géopolitique, les énergies renouvelables ou non, le tourisme et les activités récréatives, et l’imaginaire. En mobilisant les principaux concepts géographiques et en s’appuyant sur des exemples diversifiés, ce cours ambitionne de préparer les agrégatifs à la dissertation et au commentaire de documents. Quelques éléments bibliographiques sont disponibles ici.

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Mariculture à Local-Mendon, dans le Morbihan (cliché : Le Lay Y.-F., 2012).

Quelques cours d’hier

Eaux et territoires

L’intitulé de ce séminaire reprend la thématique d’un programme de recherches conçu par le Ministère de l’Ecologie, du développement durable et de l’Energie pour la revisiter à la lumière de la production scientifique de l’UMR 5600 « Environnement, Ville, Société » et des principaux enjeux liés à l’eau dans la Communauté urbaine de Lyon. Les notions d’hydrosystèmes et de territoires de l’eau y seront développées afin de combiner au mieux les dimensions naturelle et socialisée de l’espace. Sur cette base, des séances seront également structurées par des études de cas et des sorties sur le terrain.

D’une année à l’autre seront développés des exemples aussi diversifiés que la prévention du risque inondation dans le cadre du Plan Rhône, les fonctions du Grand Parc de Miribel-Jonage, l’alimentation en eau potable de la quasi-totalité de l’agglomération par le champ captant de Crépieux-Charmy, le programme pluriannuel de reconquête des berges du Rhône puis de la Saône, la gestion de l’eau dans le nouveau quartier de La Confluence, l’aménagement, l’activité et la gestion du port Edouard Herriot, l’aménagement hydraulique (barrage, centrale et écluse) de Pierre-Bénite par la Compagnie Nationale du Rhône, la restauration écologique et hydraulique du Rhône à Pierre-Bénite, la patrimonialisation de la centrale hydroélectrique de Cusset ou encore le désaménagement de l’Yzeron à Oullins et à Sainte-Foy-lès-Lyon.

Insistant sur la multifonctionnalité de l’eau et des espaces aquatiques dans l’agglomération lyonnaise, le séminaire en soulignera les valeurs écologique, sociale, culturelle, voire spirituelle. Le système d’acteurs et la gestion des ressources et des espaces dans un contexte très urbanisé seront également questionnés, notamment en termes de gouvernance, de concertation et de durabilité. L’intervention d’acteurs, de décideurs ou de gestionnaires est prévue pour profiter de la complémentarité des points de vue.

« Le Temps des Cerises » au quartier Confluence de Lyon (cliché : Le Lay Y.-F., 2012).

CRISES ET ENJEUX ENVIRONNEMENTAUX

Ce module se donne pour objectif d’étudier l’essor des questions environnementales dans les logiques économiques, la gouvernance territoriale, les discours politiques et les stratégies des organismes de recherche. Si les événements catastrophiques ont contribué à cette évolution, elle est essentiellement due à une prise de conscience « généralisée » de l’origine en partie anthropique des modifications environnementales. Cette prise de conscience sera analysée tout en exerçant un regard critique sur le discours alarmiste qu’elle suscite, notamment au travers de la question du changement climatique.

Les crises liées aux déséquilibres des écosystèmes, à l’épuisement de nombreuses ressources hydriques, minérales et biologiques seront également mises en relation avec la crise de l’énergie, la démographie mondiale et le modèle économique actuel. Elles nécessitent l’élaboration de théories génériques auxquelles la géographie doit contribuer. Ce module présentera tant les aspects généraux que des cas d’application.

Vallée de l’Ouvèze, en Ardèche (cliché : Le Lay Y.-F., 2005).

L’ÉVALUATION ENVIRONNEMENTALE : LA NATURE EN VILLE

Les objets de nature en ville fournissent nombre de services à la société dont les bénéfices s’expriment en des termes tout à la fois écologiques, socio-économiques, culturels, voire spirituels. Cette multifonctionnalité invite les chercheurs et les gestionnaires à penser les espaces et les ressources dans le cadre d’une approche intégrée et durable. Éminemment transdisciplinaire, ce module se donne pour objectif de présenter trois approches de l’évaluation environnementale en précisant les cadres conceptuels et les options méthodologiques auxquels l’écologie du paysage, la perception environnementale et l’évaluation monétaire des biens environnementaux ont recours. Les enseignements présenteront des applications dans le cadre de la nature en ville. Ces études de cas aborderont des objets aussi divers que les arbres et les haies, les parcs et jardins, et les cours d’eau en milieu urbain.

L’écologie du paysage permet d’appréhender non seulement la structure du paysage, mais aussi ses aspects fonctionnels et dynamiques, à différentes échelles spatiales et temporelles. Elle repose sur des théories (comme celles de la hiérarchie, de la percolation ou des perturbations) et utilise des notions (telles que matrice, corridor, tache, mosaïque) qui lui permettent de contribuer à l’aménagement et à la gestion des espaces, par exemple en ce qui concerne les corridors verts, les haies ou les infrastructures de transport.

Pour ce qui est de la perception paysagère des objets de nature, trois paradigmes dits expert, expérimental et expérientiel seront mobilisés afin de présenter l’éventail des protocoles fréquemment utilisés en géographie comportementale et en psychologie environnementale. Ainsi, des questions aussi diverses que l’esthétique environnementale, la naturalité, le sentiment de danger ou la motivation à intervenir pour changer l’existant peuvent être explorées au moyen de photo-questionnaires, d’appareils photographiques jetables, de questionnaires fermés ou encore d’entretiens semi-directifs.

L’évaluation monétaire des biens environnementaux recourt à plusieurs méthodes bien établies, notamment celles des prix hédoniques, des évaluations contingentes et des coûts de transport. Elle traite aussi bien de la gestion des ressources en eau mise en œuvre au niveau des bassins versants que des coûts générés par le bruit, la pollution atmosphérique ou encore le changement climatique.

Le jardin de l’ENS de Lyon.

La France en ville / La France urbaine

Ce cours préparait les agrégatifs géographes et historiens à une question thématisée de géographie des territoires (sessions 2011-2013). Après une présentation critique des principales notions de la géographie urbaine dans une perspective géohistorique, il abordait les différentes échelles de la France en ville (depuis le système urbain français jusqu’au quartier et à la rue) puis interrogeait les nouvelles modalités de penser et de gérer la ville. Quelques éléments bibliographiques sont disponibles ici.

La périphérie de Mende, en Lozère (cliché : Le Lay Y.-F., 2011).